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Monday, September 10, 2012

Luxembourg, L'Europe a besoin de religion

Ce dont l'Europe a besoin : la vision religieuse
 
Selon Annette Schavan, la religion n'est pas une affaire privée, les religions (y compris le culte musulman) ne doivent pas disparaître de l'espace public, les traditions religieuses doivent tout primer.
 
François Biltgen et Annette Schavan,
 à l'auditoire Tavenas de l'université
du Luxembourg.
La conférence de la ministre allemande de l'Éducation s'est déroulée à l'auditoire Tavenas de l'Uni. L'endroit est bien un espace sécularisé, mais plus d'une conférence qui s'y est tenue traitait des questions religieuses. Instrumentalisation de l'université et de son recteur ou hasard du débat philosophique et de l'offensive catholique?

Le sujet et la conférencière, ministre fédéral d'Allemagne de l'Éducation et de la Recherche, ont attiré beaucoup de monde, jeudi soir. Après l'exposé magistral d'Annette Schavan, les questions se concentrent sur les contradictions religieuses contemporaines : le président du Consistoire israélite, François Moyse, prend comme témoin la ministre allemande avec sa plaidoirie en faveur de la sauvegarde des ancestrales traditions (la circoncision) qu'une autre participante au débat considère comme un «grand business». Les catholiques sont ravis par l'arrivée des renforts d'outre-Moselle et demandent à Schavan, à l'instar du porte-parole du consistoire, de prendre la tête du mouvement. Théologienne de formation, et catholique, Annette Schavan estime que la question européenne ne se réduit pas à la gouvernance économique mais que le développement de l'UE et de ses institutions doit incorporer le débat sur les bases culturelles de l'Europe, c'est-à-dire se compléter avec un dialogue inter-religions, car «l'homme ne vit pas que de pain seulement» (NDLR : alors sans pain, la vie serait encore bien plus difficile!). Pour la ministre allemande, la sécularisation en Europe n'a pas été, n'est pas – et surtout ne doit pas devenir – le début du refoulement des religions de l'espace public.

Schavan se plaisait à citer deux personnages à plusieurs reprises : le juriste et philosophe Ernst Wilhelm Böckenförde et le pape Jean-Paul II. Selon le premier, la sécularisation est l'aboutissement d'un processus qui a pour conséquence : primo, l'émancipation de l'État par rapport aux cultes et, secundo, celle de la chrétienté par rapport à l'État, ce qui conduit à davantage d'autonomie des cultes par rapport aux institutions de l'État. La ministre omet de citer le pape allemand Ratzinger, selon lequel la désécularisation n'est pas la fin du monde mais une chance pour le christianisme. Elle cite par contre J.-P.II dans son fameux discours à La Havane (en 1998), où le pape d'origine polonaise affirmait que «l'État ne devrait pas faire de l'athéisme son fonds de commerce politique». (NDLR : alors que l'Église catholique l'a pratiqué et considéré ainsi pendant des siècles).

La sécularisation, selon l'approche d'Annette Schavan citant une fois de plus Böckenförde, n'abolit pas la religion, mais elle la renvoie dans la société, où elle devient l'affaire des citoyens. L'argument a contrario est : les affaires religieuses sont purement une affaire privée! Un slogan contre lequel les chrétiens de tous bords, en particulier Annette Schavan, s'insurgent massivement. 
 
Des écoles coraniques partout 
Dans cette ligne, la politicienne catholique Schavan propose des écoles coraniques, en langue allemande, dans les écoles publiques en Allemagne. Pour instruire des convictions et les valeurs démocratiques indistinctement à tous les citoyens. Schavan concède qu'en Europe, la séparation de l'Église et de l'État, une autre façon de désigner la séparation de la politique et de la religion, est la base de l'État moderne. Pour elle, la frontière est la liberté religieuse des citoyens, qu'elle transcrit par tolérance et respect à l'égard des convictions et traditions religieuses, quelles qu'elles soient.

La ministre allemande juge «erronée et nocive» l'approche du Landgericht de Cologne qui considère que la circoncision des garçons juifs et musulmans constitue une atteinte à leur intégrité physique. Le jugement a déclenché un vif débat en Allemagne, seulement sur l'intégrité physique des enfants, et non pas sur la tolérance religieuse comme l'aurait souhaité Schavan.
 
Séparation de l'État et de l'Église
François Biltgen l'a annoncé avant le discours de la ministre allemande de l'Éducation et de la Recherche : le rapport des experts sur la relation entre l'État et les cultes au Luxembourg sera publié d'ici trois semaines. Ce sera vraisemblablement le point de départ d'un long débat sur l'une des questions sociétales les plus importantes. par Jean Rhein Source

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