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Tuesday, September 25, 2012

Canada-France, Bisbille religieux pour le Yom Kippour

Canada : Bisbille à la mairie de Montréal 
 
La possibilité d'ajourner le conseil municipal lors du Yom Kippour [Le Grand Pardon, c'est moi qui souligne, DL] indispose l'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal.
 
La fête, qui est la plus importante du calendrier religieux juif, exige que les croyants limitent leurs activités de mardi soir à mercredi soir, cette semaine.
Le chef de la majorité, Marvin Rotrand, a envoyé une lettre aux conseillers indiquant que le conseil pourrait être ajourné à jeudi s'il se poursuit au-delà de mardi.
 
Pour la conseillère de Vision Montréal pour Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, cette décision n'est pas justifiée. Annie Samson estime qu'il faut s'en tenir aux fériés qui sont déjà au calendrier et souligne qu'il existe des dizaines de confessions différentes à Montréal.
«Comment on va gérer le ramadan ? Comment on va gérer les fêtes indiennes ? Toutes les communautés ont le droit de fêter. On ne veut pas empêcher ça ; c'est ce qui fait la beauté de Montréal. Mais peut-on l'imposer aux autres ? Non. Je pense que notre institution représente toutes les communautés, pas plus une communauté qu'une autre», a-t-elle déclaré.
Selon elle, la solution consiste à permettre aux conseillers de s'absenter pour des motifs religieux, et ce, sans qu'ils soient pénalisés financièrement.
 
De la «petite politique» à l'Hôtel de Ville
Marvin Rotrand, qui est à l'origine de cette décision, affirme que «cette tradition est établie depuis l'époque de Jean Drapeau, qui avait décidé que le conseil municipal n'allait pas siéger lors des congés chrétiens et des congés juifs majeurs».
Cette pratique aurait été respectée par les administrations Doré et Bourque, ainsi que sous celle de Gérald Tremblay.
Selon M. Rotrand, il s'agit d'un débat artificiel, alimenté par une opposition dont la survie est loin d'être assurée. «C'est un parti qui ne comprend pas que Montréal est une ville plurielle. La meilleure façon de vivre ensemble est d'être tolérants.», a-t-il ajouté.
 
Projet Montréal est pour sa part d'accord avec l'administration Tremblay. Le conseiller François Limoges soutient que «si Vision Montréal est assez désespéré pour sortir quelque chose d'aussi populiste qui vise à réveiller un sentiment antisémite pour faire l'actualité et passer dans le journal, c'est déplorable pour eux».
Son chef, Richard Bergeron, a été plus pondéré. «Il y a eu une histoire au Québec et nous acceptons l'histoire du Québec. Nous ne faisons pas de petite politique. C'est de la basse partisanerie potentiellement explosive socialement. C'est totalement irresponsable de s'avancer sur la place publique avec des idées comme celle-là».
 
La communauté juive compterait environ 80 000 membres sur l'île de Montréal. par Davide Gentile Source

France : Le Conseil de Paris reporté en raison de la fête de Kippour
 
Mosaique de la synagogue de Jéricho
Le Conseil de Paris ne siégera pas à l’occasion du Yom Kippour, le Grand Pardon, fête la plus importante du judaïsme qui commence cette année mardi soir 25 septembre, alors qu’il était prévu initialement que ses travaux durent de lundi à mercredi, a annoncé lundi 24 septembre le maire Bertrand Delanoë.
«Personnellement, j’essaie de tenir compte de toutes les composantes de la société parisienne», a déclaré M. Delanoë en réponse à une adresse de Jean-François Legaret, chef de file du groupe UMP, qui jugeait «pas opportun»que le Conseil de Paris de septembre siège le jour du Yom Kippour.
«Il est important de veiller à ce que l’on tienne les travaux aujourd’hui et demain», a-t-il souligné. «S’il y a des choses qui ne sont pas urgentes pour les Parisiens, on les repoussera au Conseil du 15 octobre»,a-t-il dit.
 
Pas une première
Ce n’est pas la première fois que cette réunion des élus parisiens est repoussée pour cause religieuse. En 2009, les conseillers de la capitale avaient déjà reporté leur conseil, également à l’occasion du Yom Kippour.
«Bertrand Delanoë a une oreille trop complaisante à l’égard des obédiences religieuses»,a pour sa part critiqué Gilles Alayrac, secrétaire national du Parti radical de gauche et conseiller de Paris. Il a qualifié la décision du maire de «scandaleuse».
En février 2012, la Direction des ressources humaines de la Mairie de Paris avait diffusé une note de service, dans laquelle elle soulignait qu’«à l’instar des agents de l’État, les agents de la Ville de Paris qui désirent participer aux cérémonies célébrées à l’occasion des principales fêtes propres à leur confession peuvent se voir accorder les autorisations d’absence nécessaires, dans la mesure où leur absence est compatible avec le fonctionnement normal du service».
 
Observatoire parisien de la laïcité
C’est dans ce contexte que le maire de Paris a annoncé lundi 25 septembre la création d’un Observatoire parisien de la laïcité, présidé par le conseiller d’État Olivier Rousselle.
Composé de deux collèges de sept personnes – un collège d’élus composé de représentants de tous les groupes politiques du Conseil de Paris et un collège de personnalités qualifiées, respectant la parité femmes-hommes – l’Observatoire aura pour rôle d’assister l’exécutif parisien dans la mise en pratique du principe de laïcité à Paris. Le principe de cette création avait été voté en 2008 par les élus parisiens, sur une proposition du Parti radical de gauche. par L.B.S. Source
 
COMMENTAIRE :
À tout laïcisé, ceux qui veulent garder leur foi et croyance, sont pris entre les filet de l'agnosticisme et de l'athéisme.

Monday, September 24, 2012

Religion, Le monde en effervescence

Violences religieuses
ALBANIE: L'EGLISE CATHOLIQUE S'INQUIETE DES CRIMES D'HONNEUR
Interdits depuis la période communiste, les crimes d'honneurs et vendettas familiales, autorisées et codifiées par le prince Lek Dukagjini au XVe siècle, refont leur apparition en Albanie du nord, suite à l'effondrement de l'autorité de l'Etat dans les années 90. L'Eglise catholique (minoritaire, à peine 10% de la population musulmane à 70%) s'en inquiète. Dans une déclaration, le diocèse de Shkobra a ainsi affirmé: "Suite aux meurtres qui se produisent dans notre peuple et dans un effort pour le protéger, le diocèse a publié un décret excommuniant toute personne qui se livre à une vendetta ou tue dans ce cadre". On ignore exactement la proportion de crimes d'honneur en Albanie, où les statistiques officielles sont très en-dessous de celles avancées par la presse ou les ONG.
PAKISTAN: UN MINISTRE APPELLE AU MEURTRE
Suite à la journée de vendredi, durant laquelle plusieurs partis islamistes et le parti au pouvoir ont appelé, comme la matinale chrétienne le disait vendredi, à une "journée d'expression de l'amour pour le prophète", les manifestations ont dégénéré : 17 morts et plus de 200 blessés. Quant au ministre des chemins de fer, Ghulam Ahmed Bilour, il a annoncé qu'il offrait 100.000 dollars à celui qui tuerait l'auteur du film "L'innocence des musulmans" - dont par ailleurs l'existence est fortement remise en cause - ajoutant que si on le lui livrait, il était prêt à le tuer de ses propres mains, même si cela lui coûtait d'être pendu.
> Sur le blog de Ren', chrétien marié à une musulmane et initiateur du portail Dialogue Abraham, on peut lire un billet expliquant le délicat problème des lieux de cultes au Pakistan et une comparaison des différentes législations en la matière dans les pays musulmans.
NIGERIA: NOUVEAU DIMANCHE SANGLANT
C'est dans la capitale de l'Etat de Bauchi, Wuti, dans le nord du Nigeria, qu'un kamikaze a précipité sa voiture pleine d'explosifs contre la cathédrale catholique à l'heure de la messe. Le bilan provisoire est de 2 morts et 45 blessés, selon la source la plus citée; les deux victimes seraient une femme et un enfant (une autre source évoque 3 morts et 22 blessés). L'attentat est une nouvelle fois l'oeuvre de la secte islamiste Boko Haram. Selon l'Aide à l'Eglise en détresse, il y a eu 430 églises détruites depuis les élections du 16 avril 2011, 14 000 victimes depuis dix ans, 250 000 personnes déplacées et 1400 tués par Boko Haram depuis 2010. Par ailleurs, 12 États sur les 36 que compte le Nigéria appliquent la charia.
USA: "CRIME DE HAINE" CHEZ LES AMISHES
On se souvient de cette drôle d'affaire qui avait fait le tour du web l'an passé: des membres d'une communauté amish, protestants venus d'Europe centrale aux Etats-Unis au début du XIXe siècle, s'étaient retrouvés rasés de force par des coreligionnaires pour avoir remis en cause le leadership spirituel du chef de leur communauté. Ce qui est loin d'être anecdotique pour les Amishes, qui croient que leur barbe ne peut être rasée, selon une lecture littérale de l'Ancien Testament. L'affaire est passée devant le tribunal et le verdict est tombé: Samuel Mullet, qui a donné l'ordre de raser les récalcitrants, et ceux qui ont exécuté l'ordre ont été reconnus coupable de "crime de haine", dont la définition américaine mérite d'être rappelée: "offense criminelle commise contre une personne ou un bien, en totalité ou en partie, à cause des préjugés des offenseurs contre un groupe racial, une religion, une ethnie, un genre, une préférence sexuelle, ou un handicap". Ce sont donc 17 années de prison que risquent les accusés.
LES CROIX DE FOURVIERE DISPARAISSENT DE L'IOS6
En lançant la nouvelle version d'Iphone, Apple a abandonné l'application Maps de Google pour exploiter sa propre application, Plans. Mais cette nouvelle application a un drôle de bug, selon le Progrès: elle fait disparaître les signes religieux de l'espace public. C'est en tout cas ce qui se passe à Lyon, où les croix et statues de la basilique de Fourvière ont été effacées; en revanche, place des Terreaux ou place Bellecour, les statues très laïques de la Garonne ou de Louis XIV n'ont pas été touchées. "Un problème de graphisme ou de complexité à réaliser les détails aurait pu être évoqué, mais dans ce cas-là, la disparition aurait été totale", explique l'article. Une assertion à prendre avec précaution, tant les bugs de Plans sont nombreux: par exemple, Berlin y est localisé en Antarctique... Source

Allemagne, Pas d'impôts à l'église, pas de services ecclésiastiques disponibles

Impôt d'église, ''Tu payes, on s'occupe de toi, et tu vas au Paradis''

En décrétant que tout ceux qui décident de ne plus payer l'impôt religieux se mettent au ban de l'Eglise et ne peuvent plus bénéficier de ses "services", les évêques allemands prennent un risque... pas forcément payant.
 
En Allemagne, selon un système mis en place au XIXe siècle, il n'existe pas de denier du culte: on coche sur sa feuille d'impôt une case correspondant à sa religion, et l'Etat prélève directement une partie de votre salaire, qui va alors au culte de votre choix; si vous n'appartenez à aucune religion, vous n'êtes pas prélevé. Ce système permet de comptabiliser avec précision le nombre de croyants des différentes religions... si l'on excepte que certains de ceux qui ne payent pas cet impôt sont peut-être davantage des personnes en difficulté économique que des mécréants.
En tout cas, la prise de position drastique des évêques allemands sur cette question risque de provoquer bien de remous. L'affaire avait démarré en 2007. Un canoniste allemand, Hartmut Zapp, avait alors révélé dans une interview qu'il ne payait plus l'impôt religieux allemand, le Kirchensteuer. Choquée, la Conférence des évêques l'avait alors poursuivi en justice. Elle a perdu le procès en première instance, puis l'a gagné en appel en 2010, mais l'affaire sera rejugée devant un tribunal fédéral à la fin du mois. Il faut dire que l'hémorragie de fidèles ne cesse de croître: rien qu'en 2010, année particulièrement rude pour une Eglise allemande empêtrée dans les scandales de pédophilie, 18.000 fidèles ont renoncé à payer le Kirchesteuer.
Comment faire, donc, pour enrayer le mouvement? C'est une drôle de parade que les évêques allemands pensent avoir trouvée. Dans un décret paru sur le site de la Conférence des évêques allemands, ils expliquent que dorénavant, "celui qui déclare aux autorités civiles compétentes son retrait de l'Église pour quelque raison que ce soit déroge ainsi au devoir de servir l'Église […], ainsi qu'au devoir d'apporter sa contribution financière afin de permettre à l'Église d'accomplir ses devoirs". Concrètement, les mauvais payeurs devront donc s'abstenir des différents "services" ecclésiaux, mariages, funérailles et ne pourront pas non plus être parrains ou marraines d'un enfant catholique. Tollé sur le web, où de nombreux articles en anglais, en allemand (et maintenant en français) expliquent, pour reprendre le titre de Slate.fr, que "les mauvais payeurs n'iront pas au Paradis". 
 
La réalité est un peu plus complexe, puisque d'ores et déjà, en Allemagne, quiconque veut bénéficier d'une kyrielle de services d'Eglise (inscrire ses enfants chez les scouts, ou dans certaines écoles catholiques) doit depuis longtemps prouver qu'il paie le Kirchensteuer. En fait, le décret ne fait que préciser une situation existante; de plus, il a été approuvé par la Congrégation pour les évêques au Vatican, ce qui ne lui confère aucune valeur canonique: si c'était le cas, il aurait fallu qu'il soit approuvé par la Congrégation pour le clergé, ou par le Secrétaire d'Etat, ou par le pape lui-même. Tout indique qu'il s'agit de frapper un grand coup pour mettre les catholiques pratiquants face à leurs responsabilités. Au risque d'une image de marque désastreuse, et d'une pastorale fort difficile à appliquer concrètement. par Natalia Trouiller Source
 
COMMENTAIRE :
Du pur chantage spirituel.
Pour les croyants peu ou prou pratiquants, ceux qui y viennent, à l'église 4-5 fois par année, payer chaque mois pour ne pas y être, et se faire dire que s'ils refusent, pas de services offerts... ça fait mal...

Monde, Place des religions, chacun la sienne

Caricatures de Mahomet : la question des rapports églises/Etat
 
Les nouvelles affaires de caricatures du prophète Mahomet et l'ampleur des protestations qu'elles suscitent remettent dans l'actualité le débat sur la place des religions dans les sociétés démocratiques. La stricte laïcité française fait figure d'exception en Europe.
 
La France est un Etat laïque. Mais est-ce donc le seul en Europe ? Non au sens strict du terme puisque le contraire d'un Etat laïque, c'est l'Etat clérical, c'est à dire un Etat dirigé par l'Eglise. Ce n'est bien sûr le cas dans aucun des Etats européens qui sont donc tous "laïques" et garantissent tous la liberté de conscience. Mais le terme laïque a pris en France une connotation plus restrictive et désigne un Etat qui ne s'adosse à aucune religion.
 
 
La stricte laïcité française
L'article 2 de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905) stipule en effet que "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Une règle assortie d'une garantie par l'Etat de la liberté de conscience et de la liberté de culte. Conséquences pratiques: aucune religion n'est enseignée à l'école publique et aucun religieux n'est rémunéré par l'Etat.
Cette règle souffre cependant d'une exception territoriale: dans les départements d'Alsace est de Mozelle - qui se trouvaient en 1905 sous souveraineté allemande - c'est le régime concordataire qui s'applique et les ministres du culte sont toujours rémunérés par l'Etat et doivent être logés aux frais des communes.
 
Une Allemagne multireligieuse
Cela ne veut pas dire pour autant que l'Allemagne est un pays concordataire. Ce n'est le cas que de certains lander catholiques, comme la Bavière, puisque le terme "concordat" s'applique à un accord entre un Etat et le Vatican. Mais, dans toute l'Allemagne, existent des accords entre les lander et les confessions catholiques, luthériennes, évangéliques, israélites...
Ainsi, la constitution fédérale se déclare "conscience de sa responsabilité devant Dieu et les hommes". Surtout, l'Etat fédéral lève des impôts pour le compte des 17 religions qui ont le statut de collectivité publique. Les contribuables sont invités à cocher la case correspondant à leur religion et il existe bien sur une case "sans religion".
Dans ce dernier cas, vous ne payez pas l'impôt du culte dont le montant n'est pas du tout symbolique puisqu'il atteint 9% de l'impôt sur le revenu. Les deux principales religions, la catholique et l'Evangélique, collectent ainsi 10 milliards d'euros par an.
 
Catholicisme et Italie font bon ménage
Les accords du Latran signés en 1929 entre le gouvernement de Mussolini et le Saint-Siège incluaient un concordat qui faisait de la religion catholique la religion d'Etat en Italie. Dès 1948, date d'entrée en vigueur de la constitution de la première république italienne, la séparation entre l'Eglise et l'Etat a été instaurée, mais le concordat a été maintenu. Il n'a été renégocié qu'en 1984, mettant fin définitivement au statut d'Eglise d'Etat de la religion catholique.
Mais il est toutefois rappelé que "les principes du catholicisme font partie du patrimoine historique du peuple italien". De fait, la séparation Eglise/Etat est assez floue : les actes d'état civil religieux, comme le mariage, sont toujours reconnus civilement, et l’enseignement de la religion catholique dans les écoles publiques est maintenu.
 
Des avantages pour l'Eglise contestés en Espagne
En Espagne, même si 80% de la population espagnole se déclare catholique, moins de 15% des Espagnols se rendent à l'Eglise une fois par semaine. Tout comme l'Italie, l'Espagne n'a pas de religion d'Etat mais le Concordat signé en 1979 avec le Saint-Siège prévoit une exemption fiscale partielle de l'Eglise. Ce que dénonce évidemment l'opposition socialiste. Depuis 2005, il faut savoir aussi que les cours de religion dispensés à l'école publique sont redevenus facultatifs.
Bien qu'à majorité catholique, la Belgique n'est pas un pays concordataire. En revanche, l'Etat y reconnait certaines religions et prend à sa charge la rétribution des ministres du cultes, y compris celle des Imams.
 
La religion mentionnée sur les cartes d'identités
Jusqu'à récemment, pratiquement tous les pays à dominante religieuse non catholique connaissaient un régime de religion d'Etat. Ainsi, la constitution de la Grèce stipule que "La religion dominante en Grèce est celle de l'Eglise orthodoxe orientale du Christ" tandis que les autres confessions sont définies comme des "cultes étrangers".
D'autre part, Le personnel de l'Église est payé par l'Etat et l'instruction religieuse est au programme scolaire. Les grecs ont toutefois obtenu en 2001 le retrait de la mention "religion" sur leur carte d'identité.
 
La Reine, chef d'Eglise
En Angleterre, pas de séparation de l'Eglise et de l'Etat non plus, l'Eglise anglicane est la religion d'Etat depuis le XVIème siècle et le souverain britannique est le chef officiel de l’Eglise d’Angleterre. Les anglais et l'Eglise anglicane partagent d'ailleurs le même drapeau.
Le premier ministre David Cameron a récemment présenté un projet d'étendre le mariage aux couples homosexuels. Une proposition très mal accueillie par l'Eglise anglicane qui refuse de reconnaitre le mariage entre deux personnes du même sexe. La tension est très forte entre le gouvernement et l'Eglise sur ce sujet, et selon The Telegraph, ce désaccord profond pourrait même finir par mener à un "divorce entre l'Eglise et l'Etat".
 
La Scandinavie change les règles
Dans les pays scandinaves, l'heure est à la remise en cause de la religion d'Etat. La Suède a montré la voie en 2000 en séparant la religion luthérienne de l'Etat.
la Norvège vient à son tour d'abolir, au printemps dernier, ce statut pour la religion évangélique et luthérienne. La constitution norvégienne consacre désormais le principe de "l'égalité entre toutes les confessions". Toutefois, il est précisé que l'Etat repose sur un héritage "chrétien et humaniste", et que la famille royale devra continuer d'appartenir à l'Eglise évangélique et luthérienne de Norvège.
Cette décision norvégienne fait réfléchir le Danemark, dont la religion d'Etat est, depuis 1849, l'Eglise nationale danoise (évangélique et luthérienne). Selon le Copenhagen Post, l'autorisation du mariage homosexuel est de nature à remettre en question ce lien entre l'Eglise et l'Etat. par Lucie Kuipers Source

Algérie-Belgique, Caricatures et principes juridiques


«On se moque de tous les pouvoirs, et la religion est un pouvoir»

Clou, 60 ans, dessinateur de presse au quotidien belge La Libre Belgique à Bruxelles, au Temps d'Algérie.
 
Le Temps d'Algérie : Comment qualifiez-vous la publication des caricatures sur le prophète Mohamed (QSSSL) par Charlie Hebdo ?
Clou, dessinateur belge
Clou : Pour nous, en Europe, il y a une séparation absolue de l'Etat et des religions. Et une liberté absolue d'opinion et d'expression. Les religions sont une affaire privée (chacun a le droit de croire à ce qu'il veut ou même de ne croire à rien. Il peut changer de religion comme il veut, etc. Il a le droit de dire ou d'écrire ce qu'il veut. La seule limite est l'attaque aux personnes, qui ont le droit de se défendre devant les tribunaux. Je n'ai pas le droit de dire (par exemple) tous les Allemands sont idiots (jamais je ne dirai une chose pareille), mais j'ai le droit de dire votre opinion est fausse. Et cela s'applique aussi aux religions.
Pour prendre l'exemple de Charlie Hebdo, ils ont publié beaucoup plus de dessins sur les catholiques que sur l'Islam. Ça choque un peu les chrétiens, mais tout le monde trouve ça normal. Ils ont le droit de le faire. Parce que si on commence à interdire un truc, alors, on pourra tout interdire. La liberté d'expression ne se divise pas. En Amérique, c'est la même chose. C'est le résultat d'une longue lutte pour la liberté, et nous y tenons. C'est pour cela que Charlie Hebdo a publié ses dessins : pour montrer qu'ils voulaient rester libres. Et chez nous, beaucoup de gens sont d'accord qu'ils les publient, même s'ils n'aiment pas leurs dessins. C'est cela la liberté.

Ne pensez-vous que c'est pire de faire des caricatures sur une personne qui ne fait plus partie de ce monde et, donc, ne peut pas se défendre devant les tribunaux ?
Je préfère ne pas parler du Prophète. Je risquerais par mes maladresses de choquer vos lecteurs musulmans. Mais, en l'occurrence, quand je parlais d'une personne, c'est une notion juridique : il s'agit d'une personne vivante, pouvant se défendre devant les tribunaux.
Le problème de la caricature est un peu particulier. Parce qu'on n'attaque pas directement des personnes, on se moque simplement de certains aspects avec lesquels on n'est pas d'accord : chez nous ce genre de critique est très libre, surtout quand le personnage est public : les caricatures d'hommes politiques, par exemple, sont très libres. On se moque de tous les pouvoirs, et la religion est un pouvoir. C'est notre culture. par M.A. Source