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Wednesday, July 4, 2012

Vatican, sa difficile soumission aux lois fiscales

Le Vatican fait le dur apprentissage de la transparence financière

Engagé par Benoît XVI, l’effort pour une plus grande transparence se heurte à la nécessité de maintenir la spécificité du Saint-Siège comme État souverain, avec ses propres critères d’organisation interne.
Banque du Vatican (vue ext. de l'IOR)
Ce mardi 3 juin, le pape, fuyant la chaleur romaine étouffante, est parti prendre le frais pour sa villégiature de vacances à Castel Gondolfo. Mais c’est plutôt en direction de l’est, et de la ville de Strasbourg, que se tournent aujourd’hui les préoccupations des responsables romains. Ce mercredi, en effet, dans la capitale alsacienne, le comité d’experts Moneyval – créé au Conseil de l’Europe – a prévu, lors de sa 39e réunion plénière, d’examiner le rapport rédigé par la petite équipe chargée de l’évaluation du Saint-Siège. Et donc l’aptitude de ce dernier à respecter les critères de lutte contre le blanchiment d’argent sale et contre le financement du terrorisme.
La procédure est banale, trente États ou institutions sont ainsi en cours d’évaluation. Mais elle a pris, sur les bords du Tibre, une tout autre ampleur du fait des récents événements : l’éviction d’Ettore Gotti Tedeschi, président de l’Institut pour les œuvres religieuses (IOR), «la banque du Vatican», comme les fuites répétées de documents confidentiels. C’est toute la capacité du Saint-Siège à s’adapter aux critères de transparence qui règlent la vie internationale qui est en jeu.
Souci de transparence du pape
La volonté du pape, elle, ne fait aucun doute. Le 30 décembre 2010, Benoît XVI signait un motu proprio (décret) pour intégrer « toutes les organisations affiliées au gouvernement de l’Église catholique au système de règles et d’instruments juridiques que la communauté internationale met en place pour garantir une coexistence honnête et juste dans un monde de plus en plus globalisé ». Une Autorité d’information financière est alors créée, aux pouvoirs étendus.
Le pape est persuadé que le Saint-Siège doit se conformer aux normes de bonne gestion, défendues d’ailleurs par la doctrine sociale de l’Église. C’est un même souci de transparence et d’adaptation qui l’a conduit à demander à ce que les sanctions pénales de l’Église pour les prêtres coupables d’abus sexuels sur mineurs respectent les législations des pays. Mais comment jouer ainsi le jeu des institutions internationales, tout en conservant la souveraineté du Saint-Siège et sa spécificité ? Au sein de la Curie, en tout cas, la chose ne va pas de soi, et a donné lieu à un vif débat.
Ainsi, en avril 2011, dans la suite logique du motu proprio, le Saint-Siège, qui bénéficie d’un statut d’observateur permanent au Conseil de l’Europe, demande à faire l’objet de l’agrément de Moneyval. Mais après une première visite, en novembre 2011, ce dernier exige la modification de la législation financière pontificale : en cause, l’Autorité d’information financière du Vatican, qui est à la fois organisme de contrôle et de gestion.

«Societas perfectas»
Car Moneyval ne se limite pas à demander des améliorations sur tel ou tel point. C’est à une totale refonte des systèmes légaux et financiers que s’attaque l’organisme, provoquant une confrontation interne très dure au Vatican. Au final, la loi a bien été modifiée, mais sans aller jusqu’à doter l’organisme de contrôle financier d’une autonomie totale. Impossible, dans un système comme le Saint-Siège, où le pouvoir du pape est absolu, d’instituer un contre-pouvoir.
Toute la construction juridique de la papauté repose en effet sur l’affirmation de sa souveraineté comme État, et sa spécificité par rapport au monde sécularisé dont il ne veut pas adopter tous les critères.
Dans un discours remarqué, prononcé devant l’université du Latran le 23 novembre 2010, le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État, évoquant l’activité diplomatique du Saint-Siège et ses rapports avec le monde, a même utilisé le concept de «societas perfectas» pour qualifier ce dernier, manière de rappeler que, selon la Tradition, l’Église dispose de façon stable et indépendante de tous les moyens dont elle a besoin pour poursuivre les buts spirituels qui sont les siens, et sur lesquels aucune législation ne peut interférer.

Le Vatican devrait obtenir l’agrément minimal de Moneyval
Ainsi, sur le plan financier, une certaine opacité a longtemps été justifiée pour permettre au Vatican de financer les Églises dans les pays où elles étaient interdites, à l’Est ou en Amérique latine. La crainte est réelle de voir progressivement le Vatican perdre son autonomie financière, notamment par rapport à la banque centrale italienne. Ses relations trop étroites avec le système financier italien auraient, dit-on, coûté son poste à Ettore Gotti Tedeschi.
Au final, le Vatican devrait obtenir l’agrément minimal de Moneyval, mais tout en refusant de se conformer totalement aux procédures recommandées, de façon à maintenir son originalité juridique. Aux yeux des responsables romains, il s’agit d’un équilibre à préserver, entre adaptation au monde et spécificité religieuse : la condition pour continuer à défendre les valeurs de l’Église catholique de par le monde. Isabelle de Gaulmyn, à Rome Source

Italie, La mafia est antichrétienne

Rome : La mafia est intrinsèquement antichrétienne, affirme le cardinal Amato
 
Une partie des ramifications catholiques
Dans une interview accordée à L’Osservatore Romano le 3 juillet 2012, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation de la cause des saints, a assuré que la mafia était intrinsèquement antichrétienne.

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LaCroix, KipaApic

USA, Katie Holmes harcelée par la scientologie ?

La Scientologie dément surveiller Katie Holmes

L'organisation scientologue
L'Eglise de scientologie a démenti des informations de presse affirmant qu'elle avait organisé la surveillance de Katie Holmes et de sa fille après que l'actrice américaine eut demandé à divorcer de Tom Cruise, membre de l'organisation religieuse controversée.
Gary Soter, avocat travaillant pour la Scientologie, a également démenti des informations selon lesquelles l'acteur souhaitait que la fillette de six ans, Suri, rejoigne la «Sea Organization», décrite comme un camp d'entraînement de la Scientologie.

À LIRE | Tom Cruise et Katie Holmes : la Scientologie a eu raison de leur couple
«Il n'y aucune vérité dans les informations publiées par (le site) TMZ.com, ou par qui que ce soit d'autre affirmant que l'Eglise de scientologie a envoyé quelqu'un pour faire suivre ou surveiller Katie Holmes», a affirmé Me Soter dans un courriel envoyé lundi soir à l'AFP.

À LIRE | Vous pensez tout savoir sur Tom Cruise ?

«L'affirmation selon laquelle une fillette de six ans rejoindrait la Sea Org est également fausse», a ajouté l'avocat.
Katie Holmes craint que la Scientologie ne la considère désormais comme une menace et a mis en place une équipe spéciale, composée d'hommes «mystérieux» et de véhicules, pour la prendre en filature, selon le site TMZ, qui cite des sources proches de l'actrice.
Katie Holmes redoute également que Tom Cruise ne tente d' attirer leur fille dans la Sea Org. Le site internet spécialisé dans l'actualité des célébrités ajoute que Katie Holmes serait en désaccord avec Tom Cruise concernant l'initiation de leur fille à la Scientologie.
Katie Holmes s'est installée à New York après avoir demandé le divorce. Depuis ce week-end, camions de télévision et paparazzi campent devant l'immeuble de Manhattan sur la 7e avenue où elle a emménagé.
Tom Cruise devait fêter mardi, sans sa femme, son 50e anniversaire sur un tournage en Islande, selon une interview qu'il avait accordée au magazine Playboy en mai. par Boris Horvat Source

Tuesday, July 3, 2012

Belgique, conversion croissante à l'islam

"Aucune religion n'est un terrain favorable à l'émergence du féminisme"

De plus en plus de Belges se convertissent à l’Islam. Ce sont de jeunes et de femmes pour la plupart. Selon Nadia Geerts, initiatrice de « R.A.P.P.E.L » (le Réseau d’Action pour la Promotion d’un État Laïque), cette recrudescence du religieux s’explique d’abord par une recherche de sens. Interview.

Selon une étude réalisée voici quelques années par l’ULB pour la Fondation Roi Baudouin, les convertis à l’Islam en Belgique seraient environ 30.000. Mais le phénomène est en croissance surtout chez les jeunes et chez les femmes entre 18 à 25 ans. Comment expliquez-vous cela ainsi que le renforcement des convictions religieuses dans notre société ? 

Nadia Geerts : Je pense que la montée du religieux est liée à des questions de sens. De tout temps, les hommes ont cherché un sens à leur vie et la religion a le mérite de leur donner des réponses à ces questions. Le développement du féminisme, en particulier, ramène la question «Qu’est-ce qu’être femme aujourd’hui ?». Et peut-être certaines femmes sont-elles rassurées par une réponse de nature religieuse, qui nous assigne un rôle à la fois défini et valorisé dans une société où se développe de plus en plus l’indifférenciation des rôles masculin et féminin.
Personnellement, j’ai du mal à comprendre ces conversions à l’Islam de la part de femmes occidentales parce que je les perçois comme un recul par rapport à l’émancipation rendue possible par le mouvement féministe, mais je pense qu’il faut chercher du côté de l’angoisse devant le «manque de sens» une réponse à la question du «pourquoi ?».
J'imagine qu'en tant que féministe vous n'êtes pas rassurée par cette montée de l'Islam...
Je pense qu’aucune religion – en tout cas parmi les trois monothéistes - n’est un terrain favorable à l’émergence du féminisme, dès lors que toutes partent du principe que Dieu a créé l’homme et la femme en leur attribuant à chacun un rôle spécifique lié à leur «nature» voulue par Dieu. Le féminisme, pour moi, c’est précisément le refus de voir des rôles assignés à un rôle en fonction de leur sexe, rôle qui les contraindrait et les emprisonnerait dans celui-ci. S’agissant plus particulièrement de l’Islam, je pense qu’il peut y avoir des musulman(e)s féministes, mais qu’il est difficile de trouver dans les textes fondateurs de l’Islam eux-mêmes un fondement du féminisme. Autrement dit, je pense que le «féminisme musulman» est une imposture, au sens où il consiste la plupart du temps à valoriser le rôle des femmes, tout en les enfermant dans celui-ci et en leur déniant donc le droit de sortir du rôle qui leur a été assigné. En revanche, je pense qu’on peut très bien avoir une lecture de genre du Coran, dont il est clair qu’il a constitué pour les femmes une indéniable avancée par rapport à la manière dont elles étaient traitées avant l’émergence de l’Islam. Mais cela implique évidemment une contextualisation du texte coranique.
De manière générale, pensez-vous que la sécularisation risque d'être mise en discussion ?
La sécularisation est un processus par lequel les individus, dans leurs comportements et choix de vie, se réfèrent de moins en moins à la religion. Tout dépend de la place que les individus accordent aux prescrits religieux dans leur vie quotidienne. Il faut donc voir quel type d’Islam se développera les prochaines années en Belgique. Si un certain Islam est parfaitement compatible avec la sécularisation, l’Islamisme, en tant que projet politique, est quant à lui incompatible avec la sécularisation, puisqu’il propose la religion comme seule référence du musulman, lui disant comment se comporter à tout moment de sa vie.
À cet égard, vous avez écrit dans votre blog : «Je ne suis pas sûre que le projet de société des salafistes et autres frères musulmans soit moins effrayant que celui des intégristes chrétiens, en particulier pour les femmes. Je suis même sûre du contraire. Quand donc se décidera-t-on à les combattre tous avec la même énergie ?» Pourquoi ce projet est-il si dangereux ?
Les intégrismes religieux constituent un danger, car ils visent à imposer à tous la loi de Dieu. De ce fait, ils nient la liberté de conscience de chacun et s’opposent à un certain nombre de principes démocratiques fondateurs de nos sociétés modernes, au premier rang desquels les droits de l’homme, qui ne sont pas d’essence divine, mais d’essence humaine. Tant que des intégristes font ce choix pour eux-mêmes, sans visée prosélyte, on pourrait considérer cela comme un choix personnel qui n’engage et handicape socialement que ceux qui le posent. Mais dès lors que l’intégrisme musulman est prosélyte, c’est l’ensemble des fondements de nos sociétés qui est mis en cause et menacé. Sans même parler du recours à la violence de certains radicaux. La liberté religieuse ne peut pas permettre de diffuser des messages haineux ou contraires à la démocratie et aux droits de l’Homme. Parallèlement à cela, je pense qu’il est urgent de mettre en place un cours d’éducation à la religion et à l’humanisme contemporain, car l’instruction est une arme contre l’intégrisme. par Anna Maria Volpe Source

Inde, Santé des femmes

Un Indien invente la serviette hygiénique "low cost", à bas prix 

Une véritable révolution hygiénique a lieu en Inde, grâce à l’invention d’une serviette périodique à bas coût pour des centaines de milliers de femmes.

Le déclic pour Arunachalam Muruganantham a été d’entendre sa femme lui dire que si elle achetait des serviettes périodiques elle n’aurait plus de quoi acheter du lait. C’était donc pour cela qu’il la voyait récupérer des morceaux de tissu dont il ne savait pas ce qu’elle faisait. Ainsi a-t-il eu l’idée d’essayer d’inventer une serviette à bas coût, que des centaines de milliers de femmes en Inde pourront désormais acheter.
Originaire du Tamil Nadu, l’homme, aujourd’hui âgé de 49 ans et n’ayant pas terminé sa scolarité, a réussi à mettre son idée de produit au point après 14 années et bien des péripéties, comme une mise au ban par la communauté de son village et un départ (temporaire) de sa femme qui a un temps cru qu’il était devenu fou.

Les serviettes qu’il a inventées sont produites de manière très simple par des femmes en zones rurales à travers toute l’Inde. Désormais surnommé le "Roi du Tampon", sa trouvaille est une vraie révolution pour l’hygiène féminine du sous-continent et il est en pourparlers avec un certain nombre de pays pour y diffuser son produit : le Népal, le Pakistan, le Bangladesh mais aussi le Rwanda, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont manifesté leur intérêt.
Traditionnellement, les Indiennes recyclaient des morceaux de saris en coton, mais l’arrivée des matières synthétiques a commencé à poser problème puisqu’elles ne pouvaient être réutilisées. Selon une étude publiée par le Times of India, plus des deux tiers des Indiennes n’ont pas accès aux serviettes commercialisées et sont sujettes à une gêne, voire à des infections. Certaines femmes utilisent même du sable ou de la boue. Autre conséquence négative, l’étude estime à 23 % le nombre des filles de 12 à 18 ans qui cesse leur scolarité, faute de produits adaptés.

Ayant été jusqu’à essayer lui-même ses serviettes pour les tester, Arunachalam Muruganantham a découvert le secret de sa recherche en contactant un fabricant américain et en se faisant passer pour un investisseur : il fallait utiliser de la fibre végétale pour la transformer en cellulose.

Avec une machine très simple et peu onéreuse, qu’il a fait breveter, il peut fabriquer 120 serviettes par heure et les vendre au tiers du prix des produits disponibles dans les grandes surfaces. Non seulement cette invention marque une véritable avancée pour les femmes défavorisées, mais elle permet également d’offrir du travail à certaines d’entre elles.
Le couronnement de ses efforts et de sa persévérance a été la remise d’un prix de l’innovation par la présidente indienne Pratibha Patil. par Alexandre Huillet Source