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Friday, July 27, 2012

Canada, Morte par sudation, religion alternative en cause

Les croyances alternatives et les thérapies new-age cause la mort d'une mère de famille

Journal 24Heures - Gabrielle Fréchette, 53 ans de Victoriaville, Ginette Duclos, 61 ans de Saint-Germain-de-Grantham, et Gérald Fontaine, 39 ans de Danville, ont dû répondre jeudi à des accusations de négligence criminelle causant la mort de Chantal Lavigne et d'avoir causé des lésions corporelles à une autre dame lors d'une activité de sudation.


Les co-accusés
L'affaire remonte au 29 juillet 2011 au centre de thérapie La ferme Reine de la paix de Durham-Sud, une localité située à 35 kilomètres au sud de Drummondville.
Chantal Lavigne, 35 ans de Saint-Albert, une adepte des médecines douces, terminait un séjour de deux semaines appelé «Mourir en conscience» à ce centre. La dernière activité consistait à s'enduire de boue et s'envelopper avec une pellicule plastique. Le participant s'enfermait également dans une boîte de carton dans le but de transpirer.
Mme Lavigne aurait passé cinq heures enfermée de cette façon et elle a été retrouvée sans vie. Deux autres participantes ont dû être conduites à l'hôpital et l'une d'elles a eu des lésions.
Les trois accusés organisaient l'activité, mais c'est Mme Fréchette qui était la responsable du centre. En janvier dernier, Mme Fréchette a déclaré au 98,5 FM qu'elle a suivi une formation de huit mois sur la sudation en 2007 avec un shaman-druide en Bretagne. «Certaines personnes peuvent demeurer dans une “hutte de sudation” jusqu'à 18 heures», a-t-elle dit à l'animateur Paul Arcand.
Leur avocat, Me Denis Lavigne, a mentionné que Gabrielle Fréchette offre des formations de développement personnel depuis plus de 20 ans. Cependant, c'était la première fois qu'elle organisait une activité de sudation, mais elle y avait déjà participé.
«Ce qu'on reproche à mes clients c'est d'avoir tenu une activité objectivement dangereuse sans prendre les précautions nécessaires, mais ils ont fait le tout dans les règles de l'art. À tout moment, si une personne ne se sentait pas bien ou à l'aise, elle pouvait se retirer», a déclaré l'avocat.
Il ajoute que la preuve de la poursuite va être très difficile à faire. «C'est de prouver que toutes les précautions n'ont pas été prises». La procureure de la poursuite, Me Magalie Bernier, ne s'est pas opposée à leur remise en liberté.
Les accusés ont comme conditions de ne pas organiser de séance d'enveloppement et d'enfermement, mais ils ont le droit de tenir des séminaires de développement personnel. D'ailleurs, le centre Reine de la paix est toujours en activité.
«Je suis content de voir que les procédures continuent et que justice sera faite, a déclaré Patrick Nault, l'époux de la principale victime, Chantal Lavigne, au palais de justice. Merci à tous ceux qui m'épaulent dans toute cette affaire. Et, en terminant, je voudrais dire aux gens de faire bien attention avant d'embarquer dans une expérience comme celle-là. Aux États-Unis aussi, il y a eu des morts. Il faut savoir que c'est dangereux.»

Des séances de sudations toujours pratiquées sur la ferme ?
DURHAM SUD – Les arrestations de jeudi matin en lien avec le décès de Chantal Lavigne ont fait remonter à la surface les tragiques évènements du 29 juillet 2011, alors que cette femme de 35 ans avait trouvé la mort dans une expérience de sudation extrême.
À Durham Sud, cette histoire a bouleversé le village. Encore aujourd'hui, les mauvais souvenirs sont tout aussi présents. « J'ai déjà entendu crier. Toutes sortes de cris inimaginables pour faire peur, vraiment fort! » a affirmé un garagiste, qui tient son commerce tout près de l'ancienne ferme Reine de la paix sur le 10e rang.
Même après cet épisode, certains voisins croient que les séances n'ont toujours pas cessé.
«Il y avait toujours des voitures toutes les semaines, ça marchait beaucoup encore», a expliqué une voisine. Elle a d'ailleurs entendu des cris dernièrement. «Ce n'était pas des cris normaux, ça semblait être les mêmes séances que l'année dernière», a-t-elle précisé.
Les voisins ne cachent pas leur soulagement face aux arrestations de jeudi matin. Ils demeurent tout de même prudents. «J'espère qu'ils vont arrêter de pratiquer, que ce sera surveillé de plus près. Ce sont des manipulateurs. Il faut faire quelque chose avec pour arrêter ça», a-t-elle ajouté.
Ce drame fait réfléchir sur ce genre d'expérience thérapeutique, mais difficile d'empêcher quiconque qui veut s'y intéresser, puisqu'il semble que ce soit plutôt populaire.
«Il va toujours avoir des gens qui embarquent dans ces affaires là. S'ils ne le font pas ici ils vont le faire ailleurs», a mentionné un citoyen. par Yves Charlebois et Marie-Pier Cornellier Source

La morte cuite : Chantal Lavigne
Journal La Presse - Un an presque jour pour jour après la mort d'une femme dans un séminaire d'épanouissement personnel, la responsable de l'activité de la formation et les deux personnes qui l'assistaient ont été accusées de négligence criminelle causant la mort, hier après-midi, au palais de justice de Drummondville.

Les bras croisés, le regard fixé sur le box des accusés, le mari de la victime, Patrick Naud, est resté impassible pendant la comparution. «Je suis content que ça continue, qu'il y ait une suite, et que justice sera probablement faite», a-t-il laissé tomber à sa sortie de la salle d'audience.
La responsable de la formation, Gabrielle Fréchette, alias Séréna, a répondu avec aplomb aux questions de la juge, qui a présidé l'audience par conférence téléphonique. La femme de 53 ans a envoyé un baiser en direction de ses trois enfants. L'une de ses filles pleurait en silence.
Gabrielle Fréchette et ses deux assistants, Ginette Duclos, 61 ans, et Gérald Fontaine, 39 ans, font face à un chef d'accusation de négligence criminelle causant la mort et à un chef de négligence criminelle causant des lésions corporelles à une autre participante. Ils ont été libérés au terme de leur comparution. La Couronne ne s'y est pas opposée.

Hutte de sudation
Le drame est survenu le 29 juillet 2011 à la ferme Reine de la paix, à Durham-Sud, dans le Centre-du-Québec. Chantal Lavigne et huit autres participants prenaient part à une «hutte de sudation» dans le cadre d'un séminaire d'épanouissement personnel. Leurs corps étaient recouverts de boue, d'un drap et d'une pellicule de plastique. Gabrielle Fréchette animait la séance, tandis que les deux autres coaccusés l'assistaient, en encourageant notamment les participants à hyperventiler.
Après avoir passé plusieurs heures enveloppée ainsi - entre cinq et neuf heures, selon les différents témoignages -, Chantal Lavigne a été transportée en ambulance à l'hôpital, où elle est morte dans les heures qui ont suivi. La mère de famille de 35 ans, qui ne présentait aucun problème de santé, est morte «cuite», selon les mots du coroner Gilles Sainton.
Il aura fallu attendre un an avant que des accusations ne soient portées. Le dossier était «ardu», a convenu la sergente Martine Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec.
L'avocat des accusés, Me Denis Lavigne, a fait l'hypothèse que la Couronne était à la recherche de preuves suffisantes. «Le fardeau de la preuve est élevé dans les cas de négligence criminelle», a-t-il dit.
Pour que les coaccusés soient reconnus coupables, le ministère public devra réussir à prouver qu'ils tenaient une activité «objectivement dangereuse sans prendre toutes les précautions nécessaires». «C'est plus difficile de prouver que l'activité est objectivement dangereuse étant donné qu'il n'y a pas de cas de mort dans ces activités-là», a souligné Me Lavigne.
Les coaccusés seront de retour en cour le 5 octobre pour la communication de la preuve. D'ici là, ils devront respecter certaines conditions, dont celle de ne pas tenir d'activités de sudation ou toute autre activité de recouvrement.
En janvier, Gabrielle Fréchette avait affirmé dans une entrevue à la radio qu'elle avait cessé d'offrir des séminaires de sudation après le drame. «J'ai énormément de peine, ça a bousculé ma vie comme jamais, avait-elle dit à l'animateur Paul Arcand. C'est sûr que je me suis remise en question du tout au tout.»
Son avocat assure qu'elle a agi de «bonne foi». «Mme Fréchette connaît ce domaine-là depuis au moins 20 ans, a dit Me Lavigne. Elle a étudié dans plusieurs pays, elle a rencontré des chamans, elle a elle-même participé à des sudations plus longues et plus importantes que celle à laquelle on a affaire actuellement.»
Patrick Naud, qui doit maintenant élever seul son garçon de 3 ans et sa fillette de 7 ans, a lancé un avertissement avant de quitter le palais de justice. «Faites attention si des membres de votre famille ou des amis veulent embarquer dans des affaires comme ça, a-t-il dit. C'est assez particulier et on voit bien que ça peut être dangereux.»
Le père de la victime, Raymond Lavigne, n'a guère plus d'estime pour le genre d'activités auxquelles sa fille s'adonnait. «Ce n'est pas normal qu'une personne en parfaite santé finisse ses jours comme ça avec des affaires stupides comme ça», a dit l'homme, joint à son domicile de Sainte-Sophie-de-Lévrard, près de Trois-Rivières. par Catherine Handfield  Source

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