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Friday, July 5, 2013

Religion, Le message spirituel par la santé

Au cœur du message de santé de l'Église adventiste


André Viller
Issue de la nébuleuse protestante au XIXème siècle, l'Église adventiste du septième jour compte aujourd'hui 20 millions de fidèles à travers le monde. Une de ses particularités : elle conseille à ses fidèles de suivre une alimentation végétarienne et d'avoir une bonne hygiène de vie. Dans ce cadre et dans une optique d'évangélisation, l'Église adventiste organise des conférences et des ateliers pour diffuser son message au grand public. Depuis le 24 juin et jusqu'au 29 juin, un cycle est organisé à Paris. Nous avons assisté à l'une de ces soirées dans la Maison de l'Espérance (Paris V).
«Un corps sain est un plateau idéal pour un esprit sain», affirme Perpetuo de Andrade avant le début des ateliers. Comme lui, une cinquantaine de personnes se sont données rendez-vous lundi 24 juin pour cette soirée organisée par l'association culturelle et sociale adventiste de Paris-Sud. L'objectif : évangéliser. Ce type d'évènements est organisé couramment afin de diffuser le message de l'Église adventiste au grand public. Sur le thème «bien dans sa tête, bien dans son corps», le cycle de conférences et d'ateliers de la semaine s'intéresse à la question : «Quelle santé pour ce monde en crise ?».
À 18 h, début des ateliers, au nombre de trois. Celui consacré au développement personnel est finalement annulé. Restent les ateliers stress et nutrition. Dans le premier, la psychologue Anne-Marie Leroux intervient devant une quinzaine de personnes attentives : «Le docteur Soly Bensabat disait : le stress c'est la vie. Sans stress, la vie est une mort lente. Il nous faut tous une dose de stress optimale.» Chacun se voit distribuer le test du docteur Bensabat pour savoir s'il est «candidat au stress». «J'ai appris des choses que je voulais entendre par rapport au stress. Il faut se connaître soi-même pour ne pas se mettre dans des situations qu'on ne peut pas gérer», se remémore Katia, 31 ans. La jeune femme a rejoint l'Église adventiste il y a cinq ans : «Je l'ai connue par le biais de mes amis, puis j'y suis allée de moi-même. J'ai ressenti un appel et par conséquent, j'ai pris ma décision», ajoute-t-elle.
Pour une alimentation végétarienne
Plus nombreux sont les auditeurs de l'atelier nutrition. Une quarantaine de personnes écoutent le naturopathe Jean-Pierre Melo affirmer que «manger de la viande a un rapport certain avec la violence, puisque l'action est liée à la mort d'un animal». Les adventistes du septième jour prônent une alimentation végétarienne, sinon la moins carnée possible. Pour justifier ces choix, Jean-Pierre Melo s'appuie sur la Bible : «Dans la première phase, l'humanité devait être herbivore. Puis dans la seconde, une tolérance a été accordée à l'Humanité. Finalement, la Bible a penché pour des interdits alimentaires. La viande oui, mais pas n'importe laquelle.»
Conformément à l'Ancien Testament, les adventistes ne consomment pas de porc. Dans la salle, une femme intervient : «Manger du porc ne va pas nous tuer. C'est juste une question d'obéissance à Dieu». Avant de terminer, Jean-Pierre Mélo s'amuse : «Aujourd'hui, on nous dit de manger cinq fruits et légumes par jour. Mais nous, les naturopathes, le disons depuis le XIXème siècle !».
Alroy a suivi l'atelier nutrition avec intérêt : «Le concept de l'alimentation a été bien présenté. L'intervenant nous a donné des éléments de réponse sur l'eau et l'obésité.» Le jeune homme de 30 ans est adventiste depuis maintenant 13 ans. «Mais peu importe la communauté religieuse qui l'organise. Je me rends à toutes les conférences dès qu'il s'agit de santé», assure-t-il.
Une conférence sur fond biblique
18 h 40. Tout le monde passe en salle de conférences pour vingt minutes d'étude de la Bible animées par le pasteur André Viller. Il commence par discuter des trois dimensions de l'Homme : «le corps, l'esprit et l'âme». Le tout est basé sur des références bibliques qui parlent à l'auditoire.
Exemple, le pasteur déclare : «Adam a mangé la pomme». Deux femmes rétorquent : «Ce n'est pas une pomme. Dans la Genèse il est écrit que c'est un fruit. Il n'est pas précisé lequel.» S'ensuit un discours sur fond de background religieux et adapté à un auditoire de croyants.
Une bonne manière d'enchaîner sur un début de célébration. Les caméras sont pointées sur le jeune homme qui monte sur scène, une mélodie de piano en fond sonore. L'homme commence à chanter «Dieu tout-puissant», suivi par les fidèles. Comme dans un karaoké, les paroles sont affichés sur grand écran. Tout de suite après, une femme chante de l'opérette a capela, avec une voix pleine d'émotion. Un «Amen» général conclue la séance musicale.
C'est au tour du pasteur Samuel Saint-Elie de prendre la parole pour la conférence. «Qui est intéressé par la santé ici ?», demande-t-il. Tous les bras se lèvent. «Normalement, tous ceux qui sont en vie sont intéressés par leur santé», s'amuse le pasteur avec le sourire. En s'appuyant sur un diaporama, Samuel Saint-Elie raconte que «le record de longévité est détenu par les habitants d'Okinawa au Japon. Ceci, poursuit-il, car ils ne mangent pas de viande et consomment beaucoup d'eau, de fruits et d'aliments complets». Poursuivant dans la même rhétorique, il affirme que «les adventistes détiennent le record mondial de l'espérance de vie parmi les groupes religieux, soit 8,9 années de plus que la moyenne».
« New Start »
Comment expliquer cela ? «Grâce aux huit remèdes naturels NEW START», explique le pasteur. En plus d'être un «nouveau départ», référence à la conversion à l'adventisme, il s'agit d'un acronyme. N pour «nutrition», E pour «exercice», W pour «water» (eau), S pour «sunshine» (ensoleillement), T pour «temperance» (abstinence d'alcool), A pour «air», R pour «rest» (repos) et enfin T pour «Trust in God» (confiance en Dieu). Ce sigle résume l'hygiène de vie prônée par l'Église adventiste.
Une philosophie diffusée dans le monde entier. Ceci est illustré à la suite par un clip vidéo consacré à ADRA, l'agence humanitaire adventiste. Une musique lugubre, des images de guerre et de misère. «L'Église adventiste du septième jour cherche des réponses aux problèmes et cherche à ouvrir des portes libératrices», lance la voix-off, avant de poursuivre : «Forte de 20 millions de membres, l'Église adventiste toujours à la pointe de la prévention et de l'éducation, sans distinction de couleur et de religion». Des centaines d'écoles, 162 hôpitaux,... les infrastructures adventistes sont énumérées une à une. Avant d'insister sur un point : «Dieu est un Dieu de liberté. Il faut respecter les différences personnelles et le droit à la liberté de conscience».
De la diététique au « message de Jésus »
Samuel Saint-Elie reprend le micro pour lancer un vrai cours de diététique. En blâmant les multinationales pour commencer : «Pour des raison d'économie, on peut nous donner n'importe quoi à manger», se révolte-t-il. Il conseille donc les fidèles sur la marche à suivre : varier les aliments, faire une marche légère après les repas, boire beaucoup d'eau... Avant de faire un parallèle avec l'Eau de Vie, à savoir «le message de Jésus». «Beaucoup de personnes n'ont jamais expérimenté Jésus. Je vous le dis, donnez une chance à Jésus. Faites l'expérience en rentrant chez vous. Jésus entendra vos prières».
Fin de séance. La parole du pasteur semble avoir été entendue. «C'est un message très fort, déclare Sabine, une jeune adventiste de 23 ans. C'est une chance de parler de croyances en entremêlant le spirituel et la santé. Nous avons tous un besoin primaire d'orientation. Dans l'Église, nous nous soutenons mutuellement». Le pasteur Samuel Saint-Élie assure être là pour «aider les gens à s'en sortir en faisant de la prévention». Il souhaiterait partager le message du Christ plus souvent : «Nous devrions organiser des conférences plus régulièrement». Mais le pasteur se montre patient : «Si les fidèles peuvent atteindre une santé globale, c'est mieux. Mais si un seul aspect est reçu, c'est déjà un plus pour nous». De toute manière, le cycle de conférences dure toute la semaine jusqu'au samedi. De quoi laisser à l'évangélisation le temps de faire son effet.
Pour en savoir plus
L’Histoire
L’Église adventiste du 7ème jour est née d'églises évangéliques, au XIXème siècle, en Angleterre et aux États-Unis. Elle est issue de courants baptistes et wesleyens et regroupe des membres de l'ensemble de ces églises sur la croyance dans le retour du Christ.
L'axe théologique et biblique n'est pas fondamentalement évangélique. Les adventistes du 7ème jour observent le sabbat (quatrième commandement) et croient en la doctrine du sanctuaire céleste.
«Les célébrations adventistes sont un mixte entre l'Église réformée de France et l'Église méthodiste, avec des variations selon l’origine des communautés», précise le pasteur Philippe Baup. L’Eglise adventiste de Paris-Sud (forte de 1000 membres) est composée d'Antillais à 95 %. La liturgie présente donc de nombreux chants, gospel et negro spiritual en tête.
Culte
Le culte a lieu le samedi matin : c'est faire un temps de liberté pour se consacrer à Dieu en Église. Le culte est composé de deux parties. Le premier moment est celui de la catéchèse. La communauté est divisée en groupes qui vont disserter sur un sujet biblique, décidé au niveau mondial. La cérémonie proprement dite est composée de chants de louange, de la prière pastorale, de la lecture biblique et de la prédication.
La hiérarchie
Les églises locales sont constituées d'une association culturelle et d'une association cultuelle. Elles sont organisées en fédérations. La fédération France/Nord, incluse dans l'Union des Fédérations belgo-luxembourgeoises (qui est elle même une division de la Conférence générale basée à Washington DC) regroupe par exemple 80 églises et une quarantaine de pasteurs, dont une dizaine en région parisienne. Mais le pouvoir appartient essentiellement aux églises locales.
L’évangélisation
Responsable du pôle évangélisation de la fédération France-Nord, Philippe Baup explique que «l’évangélisation est un devoir mais ne doit pas se faire par tous les moyens». Diverses méthodes sont possibles : l’évangélisation ou les chants de rue, les free hugs... Le porte à porte est banni, rappelant trop les témoins de Jéhovah.
Ceux qui rejoignent l’Église adventiste viennent de toutes les religions. Il y a eu trois phases d’évangélisation chez les adventistes : la phase eschatologique, la phase institutionnelle (prônant un certain mode de vie sain) et la phase relationnelle. C’est celle-ci que privilégie le pasteur Baup. Ce faisant, la fédération nord a gagné 378 adventistes en 2012. L’évangélisation passe aussi par l’utilisation du web et des nouvelles technologies.
Adventisme et autres religions
Les rapports entre adventistes et catholiques dépendent des églises, mais le pasteur assume sa «volonté de cultiver le dialogue interreligieux». Les adventistes semblent ouverts à toutes les confessions, s’associant avec des protestants et des catholiques pour des concerts ou des «temps de parole» à trois voix (chrétiens, juifs, musulmans). «Cela nous crédibilise aussi pour sortir de l'aspect sectaire qu'on peut donner», ajoute-t-il. par Matthieu Stricot et Ruggero Gambacurta-Scopello Source

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