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Wednesday, October 17, 2012

Vatican, Un bruit de fond grossit

Du Bureau de presse du Saint-Siège (Vatican)
 
[Voici ce qui est ressorti (j'imagine près un contrôle rigoureux et des meilleurs textes pour la ''propagande'') du 13è Sinode catholique. DL]
 
SYNODUS EPISCOPORUM BULLETIN (Édition française)
XIII ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES 7-28 OCTOBRE 2012

La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne
Ce Bulletin est seulement un instrument de travail à usage journalistique. Les traductions n'ont pas de caractère officiel.
 
18 - 16.10.2012 (résumé)
 
- TREIZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MARDI 16 OCTOBRE 2012 - MATIN)
- MESSAGE DE S.EXC. MGR LUCAS LY JINGFENG, ÉVÊQUE DE FENGXIANG [SHAANXI] (CHINE)
- INTERVENTIONS EN SALLE (SUITE)
- AUDITION DES AUDITEURS (I)
 
Aujurd'hui, mardi 16 octobre 2012, à 9h00, avec le chant de l’Heure Tierce, a debuté la Treizième Congrégation générale, pour la continuation des interventions des Pères synodaux en salle sur le thème «La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne».
 
Le Président délégué du jour était S. Ém. le Card. Francisco ROBLES ORTEGA, Archevêque de Guadalajara (MEXIQUE).
 
À l’ouverture de la Congrégation, le Secrétaire général du Synode des Évêques, S.Exc. Mgr Nikola ETEROVIĆ, Archevêque tit. de Cibale (CITÉ DU VATICAN) a lu un message S.Exc. Mgr Lucas LY JINGFENG, Évêque de Fengxiang [Shaanxi] (CHINE), âgé de quatre-ving-dix ans, libéré en 1979 après vingt ans de prison durant la révolution culturelle chinoise. Il est né en 1922; il a été ordonné en 1947; il a été consacré évêque en 1980, légitime et reconnu par le gouvernement le 30 août 2004. Le Diocèse de Fengxiang, Shaanxi, se trouve au centre de la Province du Shaanxi. Actuellement la Circonscription compte ving mille catholiques. Le texte du message est rapporté dans ce Bulletin.
 
Ensuite, le Secrétaire général a exprimé la solidarité des Pères synodaux et des autres Participants envers l’Église en Haïti, ex exprimant la proximité à l’engagement de la Conférence épiscopale à la suite du tremblement de terre qui a touché la région.
 
Sont intervenus certains Auditeurs.
 
À cette Congrégation générale, qui s’est achevée à 12h30 par la prière de l’Angelus Domini, étaient présents 253 Pères.
 
MESSAGE DE S.EXC. MGR LUCAS LY JINGFENG, ÉVÊQUE DE FENGXIANG [SHAANXI] (CHINE) Très Révérends et très excellents Pères de la XIII Assemblée du Synode,
Je vous adresse mes plus vives congratulations, vous qui pouvez participer au Synode et rendre hommage au Sépulcre de saint Pierre. Je regrette énormément que vous ne puissiez écouter aucune voix de l’Église chinoise. En désirant partager au moins quelques paroles avec vous, et surtout avec notre Pape Benoît XVI, je vous envoie aujourd’hui ce bref message. Je veux vous dire que notre Église en Chine, et en particulier les laïcs, a toujours gardé jusqu’à présent la pitié, la fidélité, la sincérité et la dévotion des premiers chrétiens, tout en ayant supporté cinquante ans de persécutions. Je désire ajouter que je prie intensément et constamment Dieu Tout Puissant afin que notre pitié, notre fidélité, notre sincérité et notre dévotion puissent assainir la tiédeur, l’infidélité et la sécularisation qui sont survenues à l’étranger en raison d’une ouverture et d’une liberté sans freins. Dans l’Année de la Foi, au sein de vos discussions synodales vous pouvez enquêter sur la raison pour laquelle notre foi en Chine a pu se conserver invincible jusqu’à aujourd’hui. Comme l’a dit le grand philosophe chinois Lao Tse: “Comme la calamité engendre la prospérité, ainsi dans la mollesse se cache la calamité”. Dans les églises en dehors de la Chine, la tiédeur, l’infidélité et la sécularisation des fidèles ont contaminé de nombreux clercs. Au contraire, dans l’Église chinoise, les laïcs sont plus pieux que les clercs. La pitié, la fidélité, la sincérité et la dévotion des laïcs chrétiens chinois ne peuvent-elles pas ébranler les clercs externes? J’ai été très ému par la plainte du Pape Benoît XVI: “ Comme nous le savons, dans de vastes zones de la terre, la foi court le risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter. Nous nous trouvons face à une profonde crise de la foi, à une perte du sens religieux qui constitue le plus grand défi pour l’Eglise d’aujourd’hui. De nos jours, le renouveau de la foi doit donc être la priorité de l’engagement de l’Eglise tout entière” (Discours du Saint-Père Benoît XVI aux participants à l’assemblée plénière de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 janvier 2012). Je crois que de toute façon notre foi de chrétiens chinois puisse consoler le Pape. Je ne ferai pas mention de la politique qui est toujours éphémère. +Lucas L Y [00307-03.06] [NNNNN] [Texte original: plurilingue]
INTERVENTIONS EN SALLE (SUITE)
Sont intervenus les Pères suivants:
[Liste des Pères]
Nous publions, ci-dessous, les résumés des interventions:
- S. Ém. Rév. le Card. Telesphore Placidus TOPPO, Archevêque de Ranchi, Président de la Conférence Épiscopale (INDE) “Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?” (Lc 18,8). Le Saint-Père Benoît XVI, en réexaminant l’Année 2011 pour la Curie romaine en décembre dernier, a déclaré en toute franchise que, d’après les nombreux rapports, on constate en Europe une “fatigue de croire”. D’après lui : “Le centre de la crise de l’Église en Europe est la crise de la foi. Si nous ne trouvons pas une réponse à celle-ci, si la foi ne retrouve pas une nouvelle vitalité, en devenant une conviction profonde et une force réelle grâce à la rencontre de Jésus Christ, toutes les autres réformes resteront inefficaces”.
Dans la recherche de réponses à la crise de la foi, un remède consisterait à lancer une grande campagne visant à prêcher le kérygme de manière nouvelle et plus percutante. Dans mon pays, l’Inde, j’ai vu maintes fois la force de l’Évangile agir parmi les chrétiens comme les non-chrétiens.
Je voudrais lancer un humble appel aux ordres religieux pour qu’ils deviennent à nouveau missionnaires! Dans l’histoire de l’évangélisation, tous les ordres religieux guidés par le Saint-Esprit ont fait un travail extraordinaire et mémorable. Pouvons-nous dire la même chose des congrégations religieuses aujourd’hui? N’auraient-elles pas commencé à travailler comme des multinationales, faisant un travail excellent et indispensable pour pourvoir aux besoins matériels de l’humanité, mais oubliant que le premier but de leur fondation est d’apporter le kérygme, l’Évangile, à un monde perdu? Nous devons être reconnaissants envers les nombreux groupes de jeunes et les nouveaux mouvements ecclésiaux qui relèvent ce défi. Mais, à mon avis, ce Synode doit appeler les religieux et les religieuses à reprendre l’oeuvre d’évangélisation et de transmission de la foi, en collaboration avec les évêques locaux! Je voudrais également inciter la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique à prendre des initiatives pour promouvoir le sensus ecclesiae parmi tous les religieux.
Enfin, une célébration de l’Eucharistie digne de ce nom est le fondement de la nouvelle évangélisation. L’Eucharistie est “source et sommet de la vie chrétienne”, et ne peut être célébrée d’une manière distraite et superficielle, comme le font à certains endroits certains prêtres. Nous devons restituer la dignité et la centralité à la Sainte Eucharistie pour que son pouvoir de transformer et de renforcer la vie dans la foi de notre peuple soit ressenti avec plus d’intensité. Nous pourrons ainsi promouvoir avec succès une foi solide qui durera jusqu’à ce que le Christ vienne à nouveau! [00061-03.04] [IN038] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Rév. Mgr Ägidius Johann ZSIFKOVICS, Évêque d'Eisenstadt (AUTRICHE) La Constitution dogmatique “Gaudium et spes” exprime la dynamique de la pensée de l’un des grands croyants du vingtième siècle: le Père Pierre Teilhard de Chardin. Je désire expressément rappeler son oeuvre à ce Synode. Que nous l’aimions ou pas, les phénomènes globaux qu’il a pressentis il y a plus de soixante ans, nous entourent aujourd’hui. Nous vivons tous dans un monde dans lequel l’existence de la personne est devenue précaire, mais également celle de l’humanité entière. Teilhard voyait la vie et l’univers comme un mouvement créatif opéré par Dieu, un mouvement qui n’avait pas encore atteint son but. Je suis convaincu que cette vision de l’Église et du monde peut indiquer une issue à la crise et, sur la division existante entre vie et foi, elle aura un effet très certainement bénéfique sur les problèmes de compréhension entre raison chrétienne et recherche technologique.
Seule une vision cosmique profonde, compréhensive, de la Personne de Jésus, au moment où il parviendra à entraîner avec lui l’âme de l’homme moderne, ne restera pas individualiste, mais constituera une communauté dans laquelle cette nouvelle façon de voir est réellement vécue, à partir de la famille et de l’église domestique et jusqu’aux communautés et aux églises locales. Et c’est seulement lorsqu’on la vit que cette vision peut constituer un style de vie nouveau, considéré naturel et normal, et produire ainsi une nouvelle culture chrétienne en mesure d’imprégner et de modifier tout l’ordre temporel. [00258-03.03] [IN192] [Texte original: allemand]
- S. Exc. Rév. Mgr Launay SATURNÉ, Évêque de Jacmel (HAÏTI) Le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui est marqué par une grande crise à plusieurs niveaux. Il exige un nouveau printemps spirituel. Le Pape Jean-Paul II, quand il a parlé de la nouvelle évangélisation en Haïti le 9 mars 1983 à la cathédrale de Port-au-Prince, voulait certainement donner à l’Église un moyen pour lutter contre cette dégradation. Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, en promouvant la mission permanente en Amérique latine et dans les Caraïbes, en convoquant cette assemblée synodale, en proclamant une année de la foi, s’inscrit dans la même lignée que le Pape Jean-Paul II.
Les initiatives du Pape Jean-Paul II et du Pape Benoît XVI ont reçu un accueil enthousiaste de la portion d’Église qui est en Haïti. Celles du Pape Jean-Paul II coïncidaient à un moment où nous luttions contre la dictature. Sa parole: “il faut que quelque chose change. il faut que les choses changent ici!” résonne encore dans notre cœur. Celles du Pape Benoît XVI coïncident au moment où en Haïti, nous cherchons à construire et à reconstruire un pays dévasté par des catastrophes naturelles et plus récemment par le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010.
La réflexion faite sur les malheurs qui se sont abattus en Haïti nous fait parvenir à la conclusion que la reconstruction et la construction des bâtiments physiques ne suffit pas, il faut la reconstruction de l’homme haïtien. Il faut une action pastorale en Haïti pour une construction et reconstruction ad intra et ad extra à partir des valeurs évangéliques, chrétiennes, humaines pour une conversion des cœurs et des structures à l’Évangile et à Jésus-Christ. Pour cela 3 propositions:
1. Dans nos universités, dans nos écoles catholiques, dans nos écoles presbytérales, il faut un accompagnement pour une rencontre personnelle et profonde avec Jésus-Christ de telle sorte que, devenus adultes, les jeunes puissent s’engager au nom de leur foi dans la société.
2. Notre proximité pastorale doit avoir un caractère prophétique.
3. La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne exige une grande attention à nos lieux de formation et aux candidats au sacerdoce et à la vie consacrée.
L’Église d’Haïti accueille favorablement les initiatives du Saint-Père. La crise profonde de ce monde exige un retour à Jésus-Christ, et l’engagement de nous tous, au nom de notre foi en Dieu le Père de la création, en son Fils Jésus-Christ en qui toutes choses sont devenues nouvelles et en l’Esprit-Saint qui renouvelle la face de la Terre. [00220-03.03] [IN168] [Texte original: français]
- S. Exc. Rév. Mgr Joseph Anthony ZZIWA, Évêque de Kiyinda-Mityana (OUGANDA) Nous ne pouvons espérer d’élever des personnes humaines ayant un caractère moral fort, si leur éducation n’est pas fondée sur la foi en Dieu. C’est pourquoi les premiers missionnaires en Ouganda ont bâti simultanément des églises et des écoles. Là où ils n’ont pas su convertir directement les adultes, ils ont finalement réussi à convertir les jeunes générations à travers les écoles. Une fois évangélisés et convertis au christianisme, ces jeunes évangélisaient à leur tour les adultes.
Maîtresse et gardienne de la foi et de la morale, l’Église a joué un rôle important dans le domaine de l’éducation dans de nombreux pays. L’élaboration de politiques diocésaines stables en matière d’éducation a servi de base pour lancer et soutenir l’enseignement à tous les niveaux. Certaines Églises locales ont fondé des écoles catholiques modèles pour permettre un enseignement plus approfondi des doctrines et de la morale catholique aux étudiants qui deviennent, à leur tour, des professionnels catholiques. Par l’intermédiaire des aumôneries dans les établissements catholiques, l’Église a su relever les défis actuels en assurant la sauvegarde des valeurs et des normes catholiques dans ces lieux.
Or, ces dernières années, dans certains pays, la catéchèse ou l’enseignement de la religion ont été mis à l’écart ou supprimés du système d’éducation, même dans les écoles ou dans les établissements à l’origine catholiques. La situation est encore plus grave dans les établissements publics où les programmes de catéchèse ou d’éducation religieuse chrétienne pour nos élèves chrétiens sont totalement absents. L’éducation religieuse est considérée comme une affaire privée, dont on ne doit s’occuper qu’à l’église ou à la maison.
La voie à suivre pour la nouvelle évangélisation:
Les écoles catholiques devront être une voie d’évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne.Les prêtres, les hommes et les femmes de vie consacrée et d’autres agents pastoraux, comme les catéchistes, devront recevoir une formation de qualité pour enseigner la religion dans les écoles.
L’éducation religieuse chrétienne devra être réintégrée dans les programmes d’enseignement, là où elle a été négligée ou supprimée. L’Église doit s’imposer sur ce point.
Les mouvements apostoliques laïques devront être relancés dans les écoles.
L’éthique, le Catéchisme de l’Église catholique et la Doctrine sociale de l’Église devront être des composantes de ces programmes dans les centres d’enseignement supérieur.
L’identité catholique dans nos écoles et institutions devra être visible et respectée.
Les moyens de communication de masse devront être utilisés comme outil efficace pour catéchiser et éduquer. [00234-03.04] [IN169] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Rév. Mgr Mario GRECH, Évêque de Gozo (MALTE) Comme l’observe le Saint-Père dans l’homélie d’ouverture de ce Synode, le mariage en tant qu’union d’amour fidèle et indissoluble entre l’homme et la femme “est en lui-même un Évangile, une Bonne Nouvelle pour le monde d’aujourd’hui”. Poursuivant, le Saint-Père a affirmé que “le mariage est appelé à être non seulement objet, mais sujet de la nouvelle évangélisation”.
Alors que l’Église continuera à proclamer cet Évangile du mariage, nous ne pouvons pas négliger la douloureuse réalité de tant de mariages qui malheureusement finissent mal.
Bien qu’en en reconnaissant la difficulté, je crois qu’aujourd’hui qu’il est fondamental d’être présents en tant qu’Église dans la vie de beaucoup de couples qui sont de fait ou divorcés ou remariés et qui veulent poursuivre un chemin de foi avec toute l’Église. Pour les couples de fait qui entendent l’enseignement du Magistère comme une pierre sur leur tête ou sur leur coeur, et ont des difficultés à se réconcilier avec l’Église et peut-être avec Dieu, le fait que l’Église puisse marcher à leurs côtés se révèle vraiment être une bonne nouvelle pour eux. Les expériences de ce genre font voir que “l’Église est proche de celui qui a le coeur blessé”.
En dépit du fait qu’ils ne sont pas en communion parfaite avec l’Église à cause de leur irrégularité, beaucoup d’entre eux aiment et croient au Seigneur et en l’Église. Je dirais que ces couples attendent aujourd’hui de ce Synode un “message impérial”- une parole éclairante comme celle qu’a prononcée le Saint-Père à Milan: “ce problème des divorcés remariés est une des grandes souffrances de l’Église d’aujourd’hui. Et nous n’avons pas de recettes simples. La souffrance est grande et nous pouvons seulement aider les paroisses, chacun à aider ces personnes à supporter la souffrance de ce divorce. Je dirais que naturellement, la prévention est très importante, c’est-à-dire approfondir dès le début le fait d’être amoureux en une décision profonde, mûre ; et aussi, l’accompagnement pendant le mariage afin que les familles ne soient jamais seules mais soient vraiment accompagnées sur leur chemin. Et nous devons dire à ces personnes, – comme vous avez dit – que l’Église les aime, mais elles-mêmes doivent voir et sentir cet amour. Cela m’apparaît être une grand tâche d’une paroisse, d’une communauté catholique, de faire réellement tout ce qu’il y a de possible pour qu’elles se sentent aimées, acceptées ; qu’elles ne sont pas « en dehors » même si elles ne peuvent recevoir l’absolution et l’Eucharistie : elles doivent voir que même ainsi, elles vivent pleinement dans l’Église” (2 juin 2012). [00235-03.03] [IN170] [Texte original: italien]
- S. Ém. Rév. le Card. Kurt KOCH, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens (CITÉ DU VATICAN) “Le défi de la nouvelle évangélisation interpelle l’Église universelle, et nous demande également de poursuivre avec application la recherche de la pleine unité entre les chrétiens”. Avec ces mots, le Pape Benoît XVI a annoncé l’institution du Conseil pontifical pour la Nouvelle Évangélisation. L’Église universelle est particulièrement interpellée avec le Synode des Évêques réuni ici. La présence des délégués fraternels et leurs contribution s au Synode, pour lesquelles nous sommes profondément reconnaissants, nous rappellent la seconde exhortation , à savoir la nécessité que la nouvelle évangélisation ait une dimension oecuménique.
Le lien indissoluble entre évangélisation et recherche de l’unité des chrétiens était connu lors du Concile Vatican II. Le décret conciliaire sur l’oecuménisme part de la conviction que la division de la chrétienté est “sujet de scandale pour le monde” et “une source de préjudices pour la très sainte cause de la prédication de l'Evangile à toute créature”. Dès sa première phrase, le Décret affirme donc que “promouvoir la restauration de l'unité entre tous les Chrétiens, c'est l'un des buts principaux du saint Concile oecuménique de Vatican II”. Œcuménisme et évangélisation sont toujours vus ensemble. Ce serait un joli signe si de ce Synode des Évêques l’invitation à percevoir comme un devoir commun la nouvelle évangélisation et à témoigner ensemble Jésus-Christ de manière encore plus précise, parvienne également aux autres Églises et communautés chrétiennes.
Les témoins les plus crédibles de la foi sont les martyrs, qui ont donné leur vie pour le Christ. Pour cela, je désire rappeler cette profonde dimension de l’oecuménisme qui tenait tant à coeur au Bienheureux Jean-Paul II, en d’autres termes l’oecuménisme des martyrs. Conscient du fait que toutes les Églises et les Communautés chrétiennes ont aujourd’hui leurs martyrs, le Pape Jean-Paul II a entrevu dans les martyrs “la manière la plus éloquente que tous les facteurs de division peuvent être dépassés et surmontés dans le don total de soi-même pour la cause de l'Évangile”. Alors que nous chrétiens sommes encore dans une communion imparfaite sur cette terre, les martyrs de la gloire céleste vivent déjà en pleine communion. Par conséquent, nous pouvons trouver du réconfort dans l’espoir que le sang des martyrs de notre temps deviendra un jour la graine de la pleine unité du Corps du Christ. Et cette espérance, nous voulons la témoigner ensemble, avec une nouvelle évangélisation crédible. [00236-03.03] [IN171] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Felix GMÜR, Évêque de Bâle (SUISSE) Afin d’être crédible, il faut d’abord s’évangéliser soi-même (n° 37). L’appel à la conversion s’adresse aux personnes et à l’institution. La conversion de la personne trouve son correspondant dans la réforme des institutions. Elles visent, l’une comme l’autre, au renouveau spirituel basé sur la foi.
Nombreux sont les fidèles qui offrent un témoignage de leur foi. Ils montrent le visage humain et personnel de Jésus. Comment peut-on valoriser l’action évangélisatrice de ces laïcs et reconnaître leurs compétences? Prenons-nous au sérieux leurs expériences, leurs instances et leurs propositions concrètes, par exemple en matière de vie relationnelle? Il me semble que nous devrions être plus à l’écoute et discerner avec bienveillance ce que les laïcs nous disent.
Un défi consiste à comprendre quelles sont les réformes nécessaires. Souvent dépourvues de prêtres, les communautés locales se réunissent autour de laïcs prêts à assumer diverses responsabilités. Il est important d’envisager la possibilité d’un mandat ecclésial qui donne aux laïcs, hommes et femmes, une mission relative à l’activité pastorale qu’ils réalisent en vertu de leur baptême.
Une écoute plus profonde et un mandat officiel pour les laïcs: ce sont là deux signes concrets qui pourraient nous rendre aujourd’hui plus crédibles, en tant qu’Église. [00237-03.03] [IN172] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Clet FELIHO, Évêque de Kandi (BÉNIN) La réception du message évangélique dans notre pays s’est faite progressivement du sud au nord depuis le 18 avril 1861. Même si le nord du pays a plus de chemin à faire, l’Église dans l’ensemble est fière du progrès de la foi dans les coeurs. Elle continue de lutter pour que cette foi ne soit pas simplement un revêtement extérieur, mais bien l’expression de l’adhésion au Christ, Parole vivante du salut. C’est pourquoi, elle s’investit activement dans le processus de l’inculturation, afin d’aider les fidèles à éviter une vie double qui ne favorise pas tellement l’épanouissement de la personne.
Notre Église locale est consciente que les motivations de l’engagement de ses fils et filles à la suite du Christ, sont ordinairement à l’image de la culture qui voit en l’Être suprême, une personne qu’on aborde afin de profiter de ses largesses ; en somme un dieu utilitaire. Elle fait sienne ce reproche de Jésus au lendemain de la multiplication des pains : “Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés” (Jn 6,26). Dès lors elle croit trouver dans la nouvelle évangélisation un moyen pour mieux accompagner les fidèles, même au-delà de la période des sacrements d’initiation. Ainsi a-t-elle décidé d’ouvrir des écoles de la foi pour des personnes de toutes catégories et de toutes conditions, en vue d’une meilleure connaissance du Christ et de sa centralité dans la vie du croyant. Ce n’est qu’à ce prix que l’on sera véritablement sel et lumière même dans le champ de la politique et de l’économie.
La montée de l’islam et le réveil des religions traditionnelles forcent l’Église locale à faire de l’oecuménisme et du dialogue interreligieux, son champ de bataille, grâce à l’avènement de la nouvelle évangélisation. Pour y arriver, il lui faut des agents pastoraux convaincus et bien formés dans la doctrine sociale de l’Église, pour ne voir dans l’autre qu’un frère avec qui elle a à faire un bout de chemin ensemble. Aussi, loin de rêver à une Église de gloire, Elle s’engage à oeuvrer franchement aux côtés des plus pauvres et des laissés-pour-compte sans minimiser le signal fort que lui lance la floraison des sectes. En outre, elle s’atèle à se définir comme une Église de communion et de partage aussi bien en son sein qu’à l’extérieur.
Puisse l’Esprit du Seigneur guider ses pas et l’intercession de la Vierge raffermir son engagement! [00238-03.04] [IN173] [Texte original: français]
- S. Ém. Rév. le Card. Manuel MONTEIRO DE CASTRO, Pénitencier Majeur (CITÉ DU VATICAN) La Pénitencerie apostolique, Tribunal de miséricorde au service des confesseurs et des pénitents, traite des matières qui concernent le Forum interne sacramentel et non sacramentel, ainsi que celles qui concernent l’utilisation et la concession des Indulgences. La finalité de notre travail est celle d’aider les personnes à vivre une vie sereine, tranquille et d’union avec le Seigneur, qui est l’unique Sauveur de notre vie. Cette union est significativement exprimée dans le rite eucharistique, quand le célébrant verse quelques gouttes d’eau - qui représente notre nature humaine - dans le vin contenu dans le calice. Unis au Christ, nous sommes transformés par lui dans son Corps glorieux.
La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne essayera de faire connaître à l’homme de notre temps le visage du Christ comme mysterium pietatis, celui dans lequel Dieu nous montre son coeur compatissant et nous réconcilie pleinement à lui. Il aidera les fidèles à prendre conscience de la gravité du péché dans un monde qui a perdu “le sens du péché”. Nous reconnaître pécheurs nous pousse à adresser notre coeur au Seigneur en implorant son pardon et tlineen obtenant ainsi le salut et la paix: “Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi” (Psaume 51, 3).
Il convient de reprendre la bonne et correcte habitude d’administrer le sacrement de la réconciliation dans le confessionnal.
La Pénitencerie Apostolique promeut chaque année un Cours sur le Forum interne, Journée d’Étude dans les diverses Églises locales, rencontres mensuelles de formation pour les pénitenciers mineurs des Basiliques papales de Rome.
Je conclus en rappelant les paraboles de la miséricorde divine - brebis égarée, la drachme perdue et le fils prodigue - et les paroles de Jésus: “il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n'ont pas besoin de repentir” (Lc 15,7). [00239-03.04] [IN174] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Arūnas PONIŠKAITIS, Évêque titulaire de Sinna, Évêque auxiliaire et Vicaire Général de Vilnius (LITUANIE) Nous avons besoin de témoins crédibles qui, inspirés par la rencontre vivante et constante avec Jésus, atteignent l’homme dans chaque situation et qui, avec amour désintéressé et humilité, lui présentent la Parole du salut. Nous avons besoin de saints: hommes et femmes, prêtres, religieux et laïcs.
À partir du mois de novembre de l’année dernière, nous avons célébré en Lituanie l’année du bienheureux Giorgio Matulaitis (1871-1927), évêque, et de cette façon nous nous sommes préparés à l’Année de la Foi, conduits par notre évangélisateur d’une époque qui n’est pas si lointaine. Dans son journal spirituel, il exprima certaines pensées qui furent confirmées par le témoignage de sa vie et qui restent encore actuelles pour les ouvriers de notre évangélisation.
Tout d’abord, le vif désir de “porter le Christ partout, restaurer et rénover tout en le Christ, gagner toutes les choses au Christ et tout attirer à Lui”. Le bienheureux Giorgio Matulaitis a réellement vécu à travers l’ample activité pastorale parmi les ouvriers, parmi les personnes simples, parmi les étudiants, les personnes de langues et cultures différentes.
Son inspiration sincère à défendre la foi fut marquée par un profond respect aussi bien de la foi même que des personnes auxquelles cette foi était annoncée. Le bienheureux Giorgio Matulaitis écrivait que nous pouvons attirer les hommes seulement en leur proposant “notre sainte foi en toute son ampleur, en toute sa profondeur, en toute sa clarté et sa beauté”, en parlant de telle façon que même les adversaires restent persuadés que nous sommes remplis “d’amour et de respect pour eux”.
Le bienheureux Giorgio Matulaitis invitait à prendre le chemin de l’humilité, à commencer le travail sans grand vacarme, en partant des plus petits et des abandonnés, en partant des petites choses.
Pour la nouvelle évangélisation, nous avons besoin de semblables annonceurs enthousiastes de l’Évangile qui s’engagent à “créer en tout lieu et en tout temps les conditions pour qu’advienne cette rencontre entre les hommes et Jésus-Christ” (Document de travail n°18). [00241-03.03] [IN176] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Geraldo LYRIO ROCHA, Archevêque de Mariana (BRÉSIL) La nouvelle évangélisation doit mener les personnes à l’expérience profonde de la rencontre avec Jésus-Christ vivant. La Sainte Liturgie est un des lieux privilégiés de cette rencontre (cf. Ecclesia in America, n. 12). La rencontre personnelle avec le Seigneur a lieu notamment dans la célébration de l’Eucharistie (cf. Document de travail, n. 18-19). Par conséquent, les célébrations liturgiques ont le devoir sacré de faire en sorte que l’on puisse vivre une expérience intense de Jésus, Parole du Père qui est, de par son Esprit, parmi nous (cf. SC 14). L’Église croit dans la même mesure où elle prie: lex orandi lex credendi. La liturgie, à travers les rites et les prières, nous donne et nous transmet le contenu de la foi (SC 48). La liturgie est source et lieu d’évangélisation, puisque par elle Dieu parle à son peuple et le Christ annonce son Évangile (cf. SC 33). La liturgie est le lieu spécial de la présence de l’Évangile vivant et, par conséquent, le lieu privilégié de l’éducation de la foi, ou encore “la sainte mystagogie permanente de l’Église”, et cela doit transparaître dans la façon même dont elle est célébrée. La beauté envoûtante et contagieuse du mystère celé dans les rites et les symboles doit pouvoir s’exprimer dans toute sa force pour que la liturgie soit réellement évangélisatrice. La nouvelle évangélisation dépend alors en large mesure de la capacité de faire de la liturgie la source de la vie spirituelle. Notre tâche la plus ardue et notre défi le plus grand consistent sans doute à faire en sorte que nos célébrations liturgiques expriment de plus en plus la divine beauté, qu’elles deviennent un temps fort de l’expérience de Dieu, d’un Dieu vivant et vrai, source de force nouvelle et rénovatrice qui donne au chrétien la joie et l’espérance, pour vivre du Christ et dans l’amour du Seigneur.
La conscience de la dimension sacramentelle de la liturgie revêt donc la plus haute importance dans la nouvelle évangélisation. Elle nous éduque dans la foi précisément “au moyen de signes sensibles”. D’où le besoin de prendre conscience de l’importance de l’ars celebrandi, qui est la meilleure évangélisation, comme nous l’enseigne le Pape Benoît XVI dans son Exhortation apostolique Sacramentum caritatis (n. 38-65). La liturgie doit contribuer, à sa façon, à la tâche de la nouvelle évangélisation: la liturgie annonce la bonne nouvelle en la célébrant (cf. SC 33). [00242-03.05] [IN177] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Claudio Maria CELLI, Archevêque titulaire de Civitanova, Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales (CITÉ DU VATICAN) La nouvelle évangélisation nous demande d’être attentifs à la “nouveauté” du contexte culturel dans lequel nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle, mais également à la “nouveauté” des méthodes à utiliser. Les nouveaux médias sont en train de changer radicalement la culture dans laquelle nous vivons et offrent de nouveaux chemins pour partager le message de l’Évangile. Les nouvelles technologies n’ont pas seulement changé la façon de communiquer, mais ont transformer la communication même, en créant une nouvelle infrastructure culturelle qui est en train d’influer sur l’environnement de la communication et nous ne pouvons pas faire ce que nous avons toujours fait, même avec les nouvelles technologies.
L’arène numérique n’est pas un espace “virtuel” moins important du monde “réel” et, si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée aussi de façon “numérique”, nous courons le risque d’abandonner beaucoup de personnes, pour lesquelles c’est celui-là, le monde dans lequel elles “vivent”. L’Église est déjà présente dans l’espace numérique, mais le prochain défi est de changer notre style communicatif pour rendre cette présence efficace, s’occupant surtout de la question du langage. Dans le forum numérique, le discours est spontané, interactif, et participatif; dans l’Église, nous sommes habitués à utiliser des textes écrits comme moyen normal de communication. Je ne sais pas si cette forme peut parler aux plus jeunes, habitués à un langage ancré dans la convergence de mots, sons et images. Nous sommes appelés à communiquer avec notre témoignage, en partageant dans les relations personnelles l’espoir qui nous habite. Nous ne pouvons diluer les contenus de notre foi, mais trouver de nouveaux moyens de l’exprimer dans sa plénitude.
Nous sommes obligés de nous exprimer de façon à impliquer les autres qui, à leur tour, partagent nos idées avec leurs amis et “followers”. Nous avons besoin de valoriser les “voix” des nombreux catholiques présents dans les blogs, afin qu’ils puissent évangéliser, présenter l’enseignement de l’Église et répondre aux questions des autres. Je pense à l’Église qui est appelée à instaurer un dialogue respectueux avec tous, à donner raison à l’espérance que tous portent dans leur coeur. [00244-03.03] [IN179] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Bonaventure NAHIMANA, Évêque de Rutana (BURUNDI) Les petites communautés chrétiennes vivantes ont besoin d’un souffle nouveau pour jouer un rôle de premier plan dans la nouvelle évangélisation. Suite à la guerre et aux conflits que notre pays a connu avec toutes les conséquences qui s’en suivent, nous avons vu la nécessité d’une évangélisation en profondeur et engagé nos communautés chrétiennes vivantes à un approfondissement de la foi et à une prise en charge de la vie de l’Église.
La taille de ces communautés permettent aux membres de se connaître et de s’entraider, de renforcer leur cohésion et leur communion dans un climat de fraternité et de solidarité.
Elles sont le lieu où les chrétiens peuvent vivre l’expérience de la réconciliation qui se réalise d’abord dans le sacrement du pardon pour que l’Église réponde à sa vocation d’être au service de la paix, de la justice et de la réconciliation; la nouvelle évangélisation dit le Saint-Père “exige la réconciliation avec le prochain, le dépassement des barrières de toutes sortes comme celles provenant de la langue, de la culture et de la race” (A.M. n° 169).
Par le dynamisme de leur foi et de leur engagement, ces communautés sont lieu favorable à l’éclosion des vocations sacerdotales et religieuses. Car elles favorisent un climat de prière pour les vocations et aident les parents à prendre conscience de leur responsabilité d’éducateurs de la foi.
Ces communautés sont appelées à s’associer pour leur développement afin de lutter contre la faim, la misère, les injustices de tout genres, d’améliorer leur condition et de trouver des solutions à leurs problèmes. [00245-03.03] [IN180] [Texte original: français]
- S. Exc. Rév. Mgr Stanley ROMAN, Évêque de Quilon (INDE) “Homme de peu de foi” disait Jésus en s’adressant aux apôtres dans l’Évangile selon S. Matthieu (14, 31), ce qui pourrait aussi être un reproche ou un défi poignant à notre égard, en tant que successeurs des apôtres, car le Seigneur nous a nommés comme ses amis et nous a accordés Ses innombrables bénédictions. S’il s’agit d’un défi, je voudrais comprendre que la foi signifie la construction d’une relation intime avec Lui. La Redemptoris missio nous rappelle que “la foi s’affermit lorsqu’on la donne” (RM 2). Il est donc de mon devoir de chrétien le plus stricte de la transmettre.
Examiner quand, où et comment, d’une certaine manière ou d’une autre, l’Église a dévié de sa tâche d’évangélisation constante est en fait une longue histoire remplie de mémoires douloureuses. Ayant tiré les leçons de ces tristes événements du passé, nous savons à présent répondre à la nouvelle invitation grâce au Synode d’aller au plus profond, afin de rassembler tout ce qu’il y a de bon et de beau au sein des différentes cultures et adopter de nouvelles méthodes pour évangéliser et ré-évangéliser les personnes dans le monde. Les inculturations sont à encourager.
De nombreuses propositions présentes dans le Document de travail, à mon humble avis, sont éclipsées par une éducation catholique bien acceptée, il me semble que manque la voix de ceux qui sont à la dérive de la vie sacramentelle. En Inde, nous voyons que les jeunes, hommes et femmes, voire les hommes érudits appartenant aux pays développés, se rassemblent dans de nombreux ashrams (monastères) ett aspirent à quelque chose qui est absent dans leurs nations. Leur faim et leur soif de quelque chose qui va au-delà du monde matériel nous confirme que Jésus est tout à fait pertinent si l’histoire du salut leur est redite dans leurs langages et expliquée dans leurs situations quotidiennes.
Afin de ré-évangéliser et transmettre la foi, il faut:
1) des écoles catholiques
2) des enseignants catholiques intègres
3) des laïcs bien entraînés dans de petites communautés chrétiennes
4) une longue période de cours de préparation au mariage afin d’avoir une profonde connaissance du sacrement du mariage
5) un plus grand engagement dans les médias de masse afin de propager les valeurs de l’Évangile et le véritable visage de l’Église. [00246-03.03] [IN181] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Rév. Mgr Ignatius SUHARYO HARDJOATMODJO, Archevêque de Djakarta, Ordinaire militaire pour l'Indonésie (INDONÉSIE) J’aimerais vous faire part d’une simple expérience qui a été la mienne pendant ma visite à une paroisse où j’ai rencontré un catéchiste local. Je lui ai demandé: “Combien de catéchumènes avez-vous?”. J’ai été surpris d’entendre qu’il avait plus de quatre-vingt -dix catéchumènes. Ils étaient nombreux. Je lui ai ensuite demandé, “Avez-vous déjà demandé à vos catéchumènes pourquoi ils souhaitent être baptisés au sein de l’Église catholique?”. Il a répondu: “Un grand nombre d’entre eux a déclaré avoir été touché par la manière qu’ont les Catholiques de prier pendant les événements publics comme les fêtes de mariage ou les enterrements”. Les prières touchent tellement leurs coeurs , car dans ces occasions-là les invocations et les bénédictions sont faites dans leur langue vernaculaire maternelle, ce qui leur permet ainsi de bien comprendre le contenu, alors que précédemment ils entendaient des prières récitées en langue étrangère, les musulmans priant en arabe.
L’activité d’évangélisation de l’Église est - comme nous le comprenons tous - un acte de communication qui comporte deux parties, à savoir: le contenu de la communication ou le message - la révélation de Dieu et la foi en Jésus-Christ - et l’instrument de la communication - moyens et langage - à l’intérieur du contexte d’une communauté de foi. En ce qui concerne le langage, la traduction d’un texte liturgique à un autre - et de tout texte en réalité - peut parfois nous obliger à résoudre des défis voire des problèmes délicats. D’une part, il y a un besoin de traduction littérale. De l’autre, nous comprenons tous qu’une traduction littérale n’est pas toujours possible, à cause de la diversité et de la complexité des langages. Par exemple, lorsque le prêtre s’adresse aux personnes “Dominus vobiscum”, et que les personnes doivent répondre “Et cum spiritu tuo”. Le mot “spiritus” traduit par “roh” dans notre langage pourrait évoquer le concept de’“esprit malfaisant”, ainsi “et cum spiritu tuo” signifie pour certaines de nos communautés “avec ton esprit malfaisant”.
Mon souhait - et j’espère ne pas être le seul - est que la traduction des textes liturgiques ne soit pas toujours faite mot à mot, en considération de la diversité du contexte culturel. Serait-il possible d’appliquer le principe de subsidiarité à la tâche de traduction et même à d’autres secteurs de la vie des Églises locales? - la subsidiarité étant l’esprit de Vatican II. De cette façon, nous gardons “cette fidélité a un message dont nous sommes les serviteurs, et aux personnes à qui nous devons le transmettre intact et vivant”, (EN4), en particulier face aux jeunes qui vivent dans la culture des médias, l’Église doit s’efforcer de transmettre le message dans un langage qui soit en mesure de toucher leurs coeurs.
De cette façon, l’Église locale deviendra plus communicative et expressive, et la foi des personnes sera donc plus énergique et plus pertinente à leurs vies catholiques et à leur engagement dans l’Église et dans le monde. [00247-03.04] [IN182] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Rév. Mgr Zygmunt ZIMOWSKI, Archevêque-Évêque émérite de Radom, Président du Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé (CITÉ DU VATICAN) L’Église, en adhésion au mandat de Jésus “Chemin faisant, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche” et “Guérissez les malades” (cf. Mt 10,6-8), au cours de son histoire a toujours perçu le service aux malades comme une partie intégrante de sa mission évangélisatrice. En ce sens, le monde de la souffrance et de la maladie dans ses différentes articulations constitue un domaine spécifique et un chemin incontournable d’évangélisation, qui exige donc d’être constamment revu, témoin en est le défi que l’évangélisation affronte aujourd’hui surtout dans le dialogue avec la science et la biotechnologie appliquée; dans ce défi se joue radicalement la possibilité même d’un développement humain intégral.
La pastorale de la santé a donc un champ d’action avec des articulations diverses et complémentaires, qui vont de l’hôpital aux rapports avec les différentes figures professionnelles du domaine sanitaire (médecins, infirmières, aumôniers dûment préparés, administrateurs de ressources financières au bénéfice des politiques sanitaires, politiques engagés dans la rédaction de lois sur les délicates questions bioéthiques); de la rencontre personnelle avec les personnes marquées par le mystère de la douleur et du dialogue avec leurs familles à la pastorale dans les paroisses; de la collaboration avec le monde bigarré du volontariat à la grande oeuvre de miséricorde et d’espoir qui a lieu dans les Sanctuaires - marials surtout - où on voit souvent affluer le monde de la souffrance, même pendant la Journée Mondiale du Malade.
En particulier, l’hôpital doit être considéré comme un espace privilégié d’évangélisation, car là où l’Église se fait “véhicule de la présence de Dieu” elle devient en même temps “instrument d’une véritable humanisation de l’homme et du monde” (CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Note doctrinale sur certains aspects de l’évangélisation, n.9): l’Hôpital, “évangélisé” surtout grâce à l’aumônier, est donc le lieu dans lequel le travail de soigner n’est pas un métier mais une mission; où la charité du Bon Samaritain est la première chaire et où le visage de l’homme qui souffre est le visage même du Christ” (Benoît XVI, discours à l’Université Catholique du Sacré-Coeur de Rome, 3 mai 2012).
Fidèle au mandat de son seigneur et justement dans l’exercice du ministère de la guérison, l’Église, dans son action pastorale dans le monde de la santé, est donc appelée à interpréter et à témoigner de façon éloquente et toujours actuelle cette “diaconie de la charité, qui est centrale dans la mission de l’Église” (Benoît XVI, Message aux Participants de la XXV Conférence Internationale promue par le Conseil Pontifical pour les Opérateurs Sanitaires [pour la Pastorale de la Santé],18 novembre 2010). [00248-03.04] [IN183] [Texte original: italien]
- S. Ém. Rév. le Card. Kazimierz NYCZ, Archevêque de Warszawa, Ordinaire pour les fidèles de rite oriental dépourvue de rite ordinaire (POLOGNE) La première semaine de discussions synodales a démontré combien le thème de la nouvelle évangélisation est important et urgent. Dans ce domaine, les interventions ont démontré les problèmes communs à l’Église dans les diverses parties du monde. Les problèmes communs dans le monde globalisé demeurent sans aucun doute le sécularisme, le relativisme, le subjectivisme, tout comme la privatisation de la religion. En plus de ce qui est commun, on peut parler d’une géographie de la nouvelle évangélisation. Ce qui, en effet, différencie les diverses régions du monde, sont les destinataires de la nouvelle évangélisation.
Dans les pays européens, nous avons affaire aux personnes baptisées qui par la suite, pour diverses raisons, ont abandonné le Christ et l’Église. En Pologne, où dans la grande majorité des cas, nous sommes baptisés tout petits, la raison de l’abandon du Christ et de l’Église tient au fait que la décision des parents de baptiser leur enfant n’est pas motivée par une foi ardente. Il manque, en d’autres termes, de la part des parents et des personnes proches, ce minime comportement de foi. Dans ces cas là, par conséquent, la question de la pertinence de ce baptême naît. L’Église en Pologne se retrouve donc à devoir affronter le problème de l’initiation à la foi, à la prière, aux sacrements, à la communauté. Nous sommes conscients que le premier lieu d’initiation doit rester familial, en dépit de toutes les difficultés et les faiblesses que la famille vit dans le monde d’aujourd’hui. Il est naturel dans ce contexte, qu’elle ait besoin de l’aide de la paroisse, des mouvements et des communautés qui opèrent dans la paroisse même. La paroisse devrait être le lieu privilégié de la nouvelle évangélisation. Je voudrais maintenant m’arrêter un moment sur la catéchèse dans la paroisse et à l’école. En Pologne, c’est un instrument important de la nouvelle évangélisation. À la différence de beaucoup de pays européens, comme l’a rappelé le Cardinal Erdö, dans les écoles polonaises nous mettons en avant non seulement l’enseignement de la religion, mais nous essayons en plus d’y introduire la catéchèse.
Dans la plupart des régions polonaises, quatre-vingt dix pour cent des élèves participent au catéchisme. La disproportion entre les participants au catéchisme et les participants à la vie sacramentelle de l’Église est, pour la nouvelle évangélisation en Pologne, un grand défi, et pour la catéchèse à l’école une grande opportunité et responsabilité. Cela vaut aussi bien pour les jeunes que pour leurs parents. La catéchèse à l’école demeure quoi qu’il en soit un instrument non pleinement utilisé, d’évangélisation et de rencontre avec ceux qui, malgré le baptême, ont abandonné le Christ et l’Église. Que devons-nous aire pour ne pas gâcher cette opportunité? Il semblerait que soit nécessaire une nouvelle approche à la formation des catéchistes et des animateurs des groupes paroissiaux. Il ne suffit pas de les préparer à la pastorale et à la catéchèse. Une formation à l’évangélisation est nécessaire. En Pologne, dans le cadre de la nouvelle évangélisation et de la préparation à l’Année de la Foi, dans les diocèses et dans les académies ecclésiales et catholiques, de nombreuses écoles de nouvelle évangélisation ont vu le jour. Cela semble être un espoir pour la nouvelle évangélisation.  [00249-03.03] [IN184] [Texte original: italien]
- S. Exc. Rév. Mgr Adriano LANGA, O.F.M., Évêque d'Inhambane (MOZAMBIQUE) Je désire souligner que l’évangélisation en Afrique a réalisé et est en train de réaliser une oeuvre grandiose et qui est à juste titre digne d’éloge. Pourtant, dans cette Église, des problèmes en tout genre qui entravent l’avancement de l’annonce de l’Évangile n’ont jamais manqué.
Dans les pays d’ancienne tradition chrétienne, on parle de l’exigence de nouvelles “méthodes” et de nouvelles “expressions” pour l’annonce de l’Évangile, puisque ceux qui sont déjà existants n’ont plus de signification pour l’homme d’aujourd’hui. En Afrique, le problème central a été celui du dialogue avec les cultures locales. À présent, lorsque l’on parle de nouvelle évangélisation, il est nécessaire que l’Église s’interroge sur ce qui entrave l’évangélisation de l’Afrique et de l’homme africain. Il est nécessaire que l’Église se demande en quoi consistent cette Afrique et cet africain. En vérité, l’on peut dire qu’en Afrique un “inconnu” a enseigné l’Évangile à un autre inconnu. La question anthropologico-culturelle est cruciale et a constitué l’aspect décisif de l’évangélisation en Afrique. Au cours des siècles, le Magistère a été appelé à intervenir de façons différentes pour rappeler l’attention des évangélisateurs. Encore aujourd’hui il faut insister, car pour beaucoup de missionnaires, les orientations du Magistère et la voix des sciences humaines et sociales restent lettre morte.
Une des conséquences est que l’évangélisation de l’“inconnu” de la part de l’“inconnu” a produit un chrétien divisé et tourmenté intérieurement, vulnérable face aux sectes en raison de la duplicité à laquelle il est soumis dans la vie pratique car obligé d’abandonner ses convictions, ses croyances et ses pratiques ancestrales sans une adéquate catéchèse.
Il faut que, en la personne de l’évangélisateur, l’Évangile sache qui est l’africain; il faut qu’il sache ce qui réjouit ou qui afflige cet homme d’un point de vue culturel, social et politique. Il faut que l’évangélisateur parle à l’africain de façon à ce que ce dernier, comme la samaritaine, puisse dire: “Il m'a dit tout ce que j'ai fait” (Jn 4, 39); il faut que les africains disent aux évangélisateurs ce que les samaritains avaient dit à la samaritaine elle-même: “Ce n'est plus sur tes dires que nous croyons ; nous l'avons nous-mêmes entendu et nous savons que c'est vraiment lui le sauveur du monde” (Jn 4, 42). Cette rencontre avec Jésus et la samaritaine est survenue certainement parce que Jésus avait pénétré profondément dans sa vie; pour ce faire, Jésus a parlé sa langue et son langage. Il n’a pas parlé comme il parlait aux Juifs, aux scribes et aux pharisiens.
C’est pourquoi il est indispensable et urgent que l’inculturation ne soit plus lettre morte. Un missionnaire ou n’importe quel autre évangélisateur, pour autant qu’il soit de bonne volonté, n’inventera pas “de nouvelles méthodes” ni des “langages” ni de “nouvelles expressions” en Afrique ni pour les africains sans s’immerger dans leur culture. Si la nouvelle évangélisation est une question de “méthodes” et d’“expressions”, pour être “nouvelle” elle devra passer à travers l’inculturation. [00250-03.03] [MO185] [Texte original: portugais]
- S. Exc. Rév. Mgr Cristoforo PALMIERI, C.M., Évêque de Rrëshen (ALBANIE) L’évangélisation, comme première annonce pour qui était né en Albanie et avait grandi sans avoir jamais rien su de Dieu sauf quelques gestes chrétiens aperçus chez les anciens, ou bien l’évangélisation envers les frères musulmans qui avaient et ont encore des racines chrétiennes et qui se montrent ouverts à l’annonce, se révélait et se révèle urgente et grave plus que jamais et plus qu’ailleurs.
C’est pour cela, que nous attendons de ce synode des indications stimulantes et de nouvelles méthodes pour nous sentir tous poussés et engagés à prêcher au moment opportun ou pas, avec amour et sacrifices qui sont rendus nécessaires aussi en raison des difficultés diverses, mais aussi à cause de la dispersion géographique de la population qui rend les rencontres et les réunions plus difficiles, outre que en raison de la pauvreté de la population.
La moisson est abondante et déjà en partie prête, sauf que pour la récolter ils manquent encore des ouvriers zélés et instruits, qui soient capables de sacrifices, plus proches du peuple, et seulement par amour et avec l’amour, qu’ils proviennent d’églises locales ou d’autres églises soeurs.
Les enseignements du Concile Vatican II qui, 50 ans seulement après sa célébration, nous serons livrés en langue albanaise, nous aiderons, espérons-le, à nous familiariser avec la parole de l’Église.
Que la prière de ceux qui voudront bien prendre en charge nos problèmes nous soutienne.
Que le sang des martyrs tués pendant le régime communiste - pour quarante d’entre eux le processus de béatification est bien avancé auprès de la Congrégation pour la cause des Saints - soit pour nous en Albanie: un signe du réveil de la vie chrétienne, un désir de rendre les raisons de la foi plus profondes, illuminées et convaincues afin de combler le vide créé dans les années de la dictature. Qu’il nous rende missionnaires pour ceux qui sont loin.
Que l’Église toute entière, en tous cas tous ceux qui sont majoritairement responsables devant Dieu et face à l’annonce de l’Évangile, puisse voir bientôt la naissance d’une nouvelle humanité, d’un homme nouveau, et non pas comme l’homme qui présumait créer la dictature communiste, c’est-à-dire un homme sans Dieu, sans Église et donc totalement inconsistant avec lui-même, mais comme celui créé selon Dieu dans la justice et la sainteté. [00251-03.04] [IN186] [Texte original: italien]
- S. Ém. Rév. le Card. Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO) Dans l’expérience des jeunes Églises africaines, la rencontre avec les missionnaires nous a très vite mis en situation d’interculturalité, comme nous le rappelait le Pape Benoît XVI lors de sa visite au Bénin en novembre 2011. Les premiers porteurs de l’Évangile venaient en effet d’ailleurs, avec leur culture, une culture autre que la nôtre. D’où le miracle de la polysémie du discours missionnaire, œuvre de l’Esprit Saint.
De longs débats théologiques permirent de clarifier la notion même d’inculturation. Mais si le terme est récent, la réalité demeure, quant à elle, aussi vieille que l’expérience d’Israël. Ce peuple bénéficiaire de l’expérience de la révélation fut notamment confronté à la culture hellénistique. Il a dû inventer une manière de “rendre raison de l’espérance qu’il portait”. Il en fut ainsi également des apôtres de Jésus et par la suite de l’apôtre Paul qui, pour communiquer son expérience du mystère du Christ, se servit de la culture grecque. Le Concile Vatican II a confirmé cette dynamique en demandant “que dans chaque grand territoire socio-culturel soit encouragée une réflexion, par laquelle, à la lumière de la Tradition de l’Église universelle, les faits et les paroles révélés par Dieu, consignés dans les Saintes Lettres, expliqués par les Pères de l’Église et le Magistère, seront soumis à un nouvel examen” (Ad Gentes n° 22 ; cf. Lumen Gentium n°23).
Car l’inculturation est ce processus jamais achevé d’incarnation de la vie chrétienne et du message chrétien dans les cultures. De cette façon, l’expérience du mystère du Christ trouve, d’une part, son expression chez nous, et devient, d’autre part, principe, critère et puissance de re-création et d’unification de la vie personnelle et communautaire (cf. Evangelii Nuntiandi, n°19).
L’évangélisation n’est pas un acte accompli une fois pour toutes, parce qu’elle est un dialogue permanent entre le message évangélique et la culture, qui par sa nature même est dynamique et mouvante. Cette métamorphose continuelle, signe de vie, se vérifie également dans nos communautés humaines où les générations se succèdent. L’expérience de Jésus Christ ne peut se transmettre d’une génération à l’autre, en sa forme et en son contenu. Mais comme nous l’enseignent les Écritures, nous devons en transmettre le récit, celui d’une joyeuse rencontre avec Jésus Christ, pour que nos contemporains et les jeunes en particulier (cf. Ex 13; Jos 4), lui ouvrent la porte de leur cœur (cf. Ap 3,20; Jn 4). Tel est probablement le sens profond de la crise d’identité chrétienne qui nous désempare aujourd’hui. Quel langage utiliser pour dire le Dieu de Jésus Christ à l’homme contemporain qui a cessé de se poser la question de Dieu ou qui la pose mal? L’image du Parvis lancée par Benoit XVI ouvre des horizons intéressants.
La nouvelle évangélisation devient par conséquent un appel à rechercher dans la culture de notre époque le langage le plus apte à mettre en récit cette expérience, à la traduire en actes concrets et éloquents dans toutes les sphères de la vie humaine. [00252-03.03] [IN187] [Texte original: français]
- S. Exc. Rév. Mgr Franz-Peter TEBARTZ-VAN ELST, Évêque de Limburg (ALLEMAGNE) Le numéro 92 du Document de travail, en faisant référence à l’Evangelii nuntiandi, rappelle que l’évangélisation est un processus constitué de phases et de niveaux. Le catéchuménat dans l’Église primitive en est un exemple. En Allemagne, comme dans d’autres pays, depuis presque vingt ans nous pouvons observer que le catéchuménat est devenu l’un des grands fruits du Concile. Grâce à la pratique renouvelée du catéchuménat, trois circonstances ont donné lieu à une recherche d’une nouvelle évangélisation: les chemins de la foi ont besoin de contenus de foi. Nait ainsi une constatation de la foi, qui forme une identité de la foi. Pour cela, biographie et message ne sont pas contrastés entre eux. Dans la foi, en effet, il s’agit d’apprendre une vie qui soit digne et capable d’exister en permanence.
La liturgie n’est pas une oeuvre de l’homme ou un frénésie créative. La liturgie catéchuménale fait comprendre à la fois à ceux qui veulent être baptisés et aux baptisés eux-mêmes, que la vocation de la personne est à la foi l’initiative et l’oeuvre de Dieu. Une liturgie qui reflète cela devient une école catéchétique. C’est la vocation des personnes seules qui conduisent la communauté des baptisés à une seconde conversion, ou en d’autres termes à une nouvelle évangélisation. [00253-03.03] [IN188] [Texte original: allemand]
- S. Exc. Rév. Mgr Joseph WERTH, S.I., Évêque de la Transfiguration à Novosibirsk (FÉDÉRATION RUSSE) La Russie est le pays le plus étendu du monde. Les catholiques constituent à peine un pour cent de la population. Au 20e siècle, ce pays a connu la plus terrible persécution de la foi. La structure externe de l’Église a été complètement détruite. Seules les petites communautés et les familles ont pu conserver la foi.
Et à présent, depuis plus de vingt ans nous sommes libres! Nous avons à nouveau des églises, des communautés et des prêtres. Nous avons des écoles, des crèches, des revues, des radios, et un studio télévisé catholiques. Au nom de tous les catholiques en Russie, je vous remercie tous, vous Église universelle, pour votre aide et pour votre soutien!
Le communisme a laissé des traces profondes et épouvantables. Notre société a besoin d’un long parcours de guérison.
Sur quoi se base aujourd’hui notre espérance?
Avant tout sur l’intercession de nos martyrs. Aujourd’hui nous construisons sur les fondements des martyrs du 20e siècle. En définitive, le fondement est la Croix de Jésus-Christ. En second lieu, j’attends beaucoup des trois prochaines années, durant lesquelles nous souhaitons répéter les enseignements du Concile Vatican II.
Il y a cinquante ans, les évêques du monde entier, avec l’aide du Saint-Esprit, ont pris des décisions importantes au Vatican, dans le but de changer le visage de l’Église. L’annonce et l’application du Concile ont suscité joie et enthousiasme parmi les croyants.
Et il y a cinquante ans, entre nous catholiques de l’Union soviétique et le monde libre de l’Église universelle, s’érigeait le “rideau de fer”.
Le véritable processus d’étude des enseignements du Concile Vatican II durera du 11 octobre 2012 au 8 décembre 2015. Peut-être qu’aujourd’hui nous avons quelques avantages par rapport à l’Église libre de l’époque. À cinquante ans de distance, avec cinquante ans d’expérience de l’Église, aujourd’hui nous pouvons éviter quelques rechutes négatives.
Puisse le cinquantième anniversaire du Concile devenir une vraie Pentecôte pour l’Église en Russie! [00254-03.03] [IN189] [Texte original: allemand]
AUDITION DES AUDITEURS (I)
Sont intervenus les Auditeurs suivants :
[Liste des Auditeurs, DL]
Nous publions, ci-dessous, les résumés des interventions:

- Pr. José PRADO FLORES, Fondateur et Directeur International des Écoles d'évangélisation Saint-André (MEXIQUE) Si Joseph et Marie perdirent Jésus à Jérusalem, quelque chose de semblable pourrait arriver aujourd’hui dans la pérégrination de notre Église.
Il y a cinq siècles, nous avons quitté la Première Annonce joyeuse et nous nous sommes réfugiés dans les sacrements, dans les dogmes et dans les catéchismes; qui ne sont certes pas mal mais seulement s’ils arrivent après la Première Annonce. Pas avant, et surtout pas à sa place.
Certains ont perdu la Parole, et préfèrent les schémas pleins de sagesse humaine. Je ne me permets pas d’affirmer que nous avons perdu Jésus, mais je me demande...
- Considérons-nous vraiment tout comme perte et déchets, face à “la connaissance de Jésus Ressuscité?”(Ph 3,7-8).
- Faisons-nous transparaître la joie de qui a trouvé un trésor caché? (Mt 13,44)...
- Pourquoi est-il si difficile de trouver Jésus vivant et ressuscité dans tant d’actes de dévotion?
- Si Jésus ressuscité n’apparaît pas à tout le peuple “mais seulement aux témoins” qui vont annoncer l’Évangile (Ac 10,40-42), pouvons-nous dire d’avoir eu une rencontre personnelle avec Jésus vivant, qui nous identifie comme des témoins?
Le peuple de Dieu nous répète et réclame :θέλομεν τν ̓ΙησοØνδεÃν, “Nous voulons voir Jésus”. Paul a échoué à l’Aéropage car il a parlé de la Résurection mais non de Jésus ressuscité, alors que Pierre a obtenu une abondante pêche à Jérusalem car Κατενύγησαν τ± καρδίᾳ, “il a blessé le coeur” avec l’épée de l’Esprit.
Le problème n’est pas que l’Église catholique n’évangélise pas mais que ce soient des “non évangélisés” qui évangélisent. Cela signifie que certains évangélisateurs ne sont pas encore descendus vers le Jourdain pour avoir une expérience personnelle de l’amour de Dieu, et ils ne sont pas encore entrés dans le Cénacle pour recevoir leur Pentecôte personnelle
La pédagogie de la foi est comme une partie de football qui se joue en deux temps: la première mi-temps, la Première Annonce. La seconde: la catéchèse et la théologie. Donc, les évangélisateurs jouent la première mi-temps, les catéchistes et les maîtres la seconde.
Tout comme Joseph et Marie retournèrent voir Jésus dans le lieu où ils l’avaient perdu (Lc 2,45), nous aussi retournons à Jérusalem où il y a une tombe vide! [00187-03.05] [UD008] [Texte original: italien]
- M. Manoj SUNNY, Membre fondateur du mouvement Jesus Youth, metteur en scène et journaliste (INDE) Quatre domaines spécifiques ont besoin d’attention dans le contexte de la “nouvelle évangélisation”:
1. La centralité du rôle de la laïcité: Plus que tout autre groupe de la communauté de l’Église, les laïcs sont dans le monde et sont engagés dans tous les sept secteurs répertoriés dans le Document de travail (N° 51-67). Prendre conscience du rôle crucial que jouent les laïcs dans le monde sécularisé, en travaillant de concert avec le clergé, est vital à la “nouvelle évangélisation”.
2. L’importance d’atteindre l’Asie: Nous avons besoin de nous concentrer sur l’évangélisation de l’Asie, étant donné son économie croissante, la rapide croissance de la CHININDE (Chine et Inde) et le grande nombre de migrations de l’Asie vers différentes parties du monde. Le fait d’évangéliser les laïcs en Asie va devenir en retour l’outil le plus efficace pour l’évangélisation du monde.
3. L’urgence de former de jeunes missionnaires: Étant donné qu’il y a trois milliards de personnes de moins de 25 ans sur cette planète, il y a un besoin pressant de former ces jeunes gens à être missionnaires. Dans la Jeunesse de Jésus, prenons ces sept étapes suivantes afin de façonner la jeunesse en tant que missionnaires: 1. Les atteindre et les inviter à un groupe amical; 2. Les orienter vers la rencontre avec le Seigneur; 3. Les intégrer à une communauté et à une culture de la foi; 4. Les aider à découvrir leur appel et leurs charismes; 5. Leur fournir la catéchèse pour construire leur foi catholique; 6. Les motiver et les envoyer en mission; 7. Les aider à participer à la vie du mouvement et à sa culture de mission et d’engagement.
4. L’émergence de nouveaux mouvements ecclésiaux et des missionnaires laïcs: Les nouveaux mouvements ecclésiaux mentionnés à l’article 115 ont développé le nouveau phénomène des missionnaires laïcs à temps plein, ce qui est indispensable à la “nouvelle évangélisation”. Beaucoup de laïcs sont appelés à abandonner leur travail à temps plein et à servir en tant que missionnaires. Armés d’habilités professionnelles et d’un meilleur accès aux endroits séculiers, ils apportent l’Évangile dans les contrées du monde les plus lointaines, où l’Église lutte pour entrer. L’Église a besoin de reconnaître et d’encourager de tels missionnaires laïcs et de soutenir leur formation, afin que la “nouvelle évangélisation” soit vraiment effective. [00191-03.04] [UD012] [Texte original: anglais]
- M. Riad SARGI, Président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, à Damas (SYRIE) Au cours des derniers jours de ce Synode, nous avons entendu un grand nombre d’interventions de la part des Pères des Églises de différents pays du monde entier. Nous avons échangé les connaissances et les expériences concernant le thème principal de ce Synode. De mon point de vue, l’objectif de l’église est celui de savoir comment les Chrétiens vivent l’Évangile au sein de leurs propres familles, dans leurs villes, dans leurs pays, et dans le monde entier. Pour atteindre ce but, nous devons faire en sorte que les enfants et les jeunes soient nourris de l’Évangile, du catéchisme, et des enseignements du Christianisme, et c’est seulement ensuite qu’ils répandront cette connaissance. Pour atteindre ce but, nous devons trouver des méthodes qui puissent attirer les filles et les garçons. Nous ne pouvons pas les obliger à venir à l’Église afin d’y obtenir une éducation chrétienne. Par conséquent, nous devons trouver des moyens pour les encourager à venir à l’église à travers la création d’une atmosphère qui soit pleine de joie et de grâce, et leur donner une connaissance chrétienne qui soit fondée sur une technologie à l’avant-garde: à travers les médias, les ordinateurs et les derniers systèmes de communication. Les Évêques et les prêtres ont également besoin de coopérer avec les adultes dans leurs paroisses et dans leurs diocèses, ainsi que d’employer toutes les possibilités qui existent dans ces lieux.
Très Saint-Père, nous représentons une minorité dans notre pays et nous avons deux fêtes de Pâques. L’année prochaine, en 2013, il y aura 5 semaines de différence entre l’une et l’autre. Cette situation met mal à l’aise les Chrétiens et nombreux sont ceux qui se sentent coupables face au Christ ressuscité. Nous demandons humblement qu’une solution soit trouvée face à ce profond problème entre notre Église et les Églises orthodoxes. [00223-03.03] [UN015] [Texte original: anglais]
- Rév. P. Vinko MAMIĆ, O.C.D., Président de l'Union des Supérieurs majeurs en Croatie (CROATIE) Je trouve important que dans la Préface du Document de travail, Mt 8, 26 soit cité, “Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ?”, alors que dans sa Conclusion, il y a une autre citation de Mt 28, 5, cité deux fois, “Soyez sans crainte!”. La dernière phrase du document affirme: “que ‘soyez sans crainte’ puisse être la parole de la nouvelle Évangélisation”.
Évangéliser signifie en principe aider les gens à arriver au cadeau de la foi et de la conduite chrétienne. Par conséquent, la proclamation de la Parole de Dieu est juste une partie de cette tâche. Comme il a été mentionné ces derniers jours, l’évangélisation consiste en la contemplation et également en le silence. En effet, l’acte d’évangélisation le plus mémorable et probablement le plus efficace durant la visite du Saint-Père Benoît XVI en Croatie l’an dernier, a été un court moment de silence et d’adoration eucharistique avec la jeunesse rassemblée dans le parc principal de Zagreb, la capitale.
Dans ce silence, qui a duré au moins cinq minutes, beaucoup de personnes présentes au rassemblement- comme ils en ont témoigné par la suite - ont fait l’expérience de la proximité et de l’attention aimante de Dieu. Personne n’a ressentit de la peur; ils étaient délivrés de leurs fardeaux et de leurs anxiétés; ils ont profité d’être ensemble; ils se sentaient vraiment heureux et ont passé le reste de la journée à chanter des chants joyeux et à rendre Grâce à Dieu. Je ne pense pas que les mots ou les merveilleuses pensées aient pu être plus évangélisateurs qu’au moment du silence contemplatif qui leur a permis de rencontrer personnellement Jésus-Christ.
Silence et contemplation ne sont que rarement mentionnés dans le Document de travail. Je crois qu’ils devraient être élaborés à une fin plus grande si nous voulons mieux tracer le chemin vers une actualisation des mots-clés du document, “Soyez sans crainte”. Certaines idées qui sont dans le Message du Saint-Père pour la 46e journée mondiale des Communications, intitulée “Silence et Parole: Chemin d’évangélisation”pourrait être utilisées comme point de départ.
[00229-03.04] [UD016] [Texte original: anglais]
- Pr. Marco IMPAGLIAZZO, Président de la Communauté de Sant'Egidio (ITALIE) J’aimerai souligner deux signes du temps dans lesquels placer le thème de la nouvelle évangélisation. Le premier: la globalisation.
Dans le monde globalisé, l’homme et la femme sont “dépaysés”, car privés de tant de formes communautaires. Une véritable révolution anthropologique, silencieuse. L’homme et la femme sont seuls. Le catholicisme a longtemps dû affronter la réalité de la sécularisation, moins avec la globalisation qui n’est pas idéologique, sans pour autant être moins dénuée de conséquences anthropologiques. La dimension spirituelle chrétienne est profondément liée à une dimension sociale et communautaire, c’est-à-dire à la proximité humaine. La nouvelle évangélisation dans notre culture est la découverte d’une dimension de communauté et de communion.
Il y a un deuxième signe des temps éclatant: le nombre de pauvres et la pauvreté augmentent.
Nous devons reconnaître que, ces dernières années, parmi nous, il y a eu une manière de parler de la rencontre avec les pauvres qui n’est pas attrayante, qui est au contraire éteinte, administrative parfois politisée ou sociologisée, incapable d’expressions communicatives vitales. Nous devons au contraire dire que l’amitié avec les pauvres est au coeur du christianisme. La présence des pauvres est mystérieusement et humainement puissante: elle change plus d’un discours, enseigne la fidélité, aide à connaître la fragilité de la vie, à prier avec et pour eux. Il faudrait rendre le contact avec les pauvres plus actuel, dans les parcours éducatifs des jeunes aussi.
La nouvelle évangélisation passe aussi par le biais d’ une nouvelle rencontre avec les pauvres, dans laquelle l’homme dépaysé et individualiste peut être guidé vers la rencontre avec le Christ lui-même. [00287-03.03] [UD021] [Texte original: italien]
- M. Mikhail FATEEV, Directeur de la production de la chaîne de télévision "Télévision-Unis" à Saint-Pétersbourg (Fédération de Russie) (FÉDÉRATION RUSSE)  En Russie, la plupart des Chrétiens représentent seulement la première génération de croyants. De nombreuses personnes ont commencé leur vie chrétienne déjà adultes. Comme nous n’avons pas été élevés dans des familles chrétiennes, nous n’avons aucune expérience, ce qui est nécessaire pour élever nos propres enfants.
C’est le problème de toutes les confessions chrétiennes en Russie: pour les Catholiques, pour les Orthodoxes et les Protestants. C’est pour cela que nous essayons de le résoudre tous ensemble. Une revue officielle de l’Église russe orthodoxe à Saint-Pétersbourg demande régulièrement aux auteurs catholiques d’écrire des textes sur l’éducation chrétienne, le catéchisme et la vie chrétienne en famille. Nous avons ainsi un exemple qui nous inspire de coopération entre deux Églises soeurs. Cette coopération est le témoignage d’une véritable unité chrétienne dont nous avons tant besoin dans notre monde moderne sécularisé.
Néanmoins, nous ne devrions pas rejeter ou oublier notre identité catholique, dans un moment de recherche d’unité. Les gens sont prêts à nous parler exactement comme avec les Catholiques, et non comme avec les “simples Chrétiens”. Nous avons pu l’observer au cours d’une réunion organisée par des catholiques laïcs dans une des plus grandes librairies de Saint-Pétersbourg. L’événement a grandement attiré les médias. Nous avons donc décidé d’organiser une série de réunions publiques et de discussions sur l’Église catholique, sa foi et ses traditions. Nous, les Catholiques, sommes allés à la rencontre des gens et les gens sont venus à notre rencontre avec un grand intérêt!
La communauté russe catholique est très petite. Le nombre de ceux qui pratiquent véritablement leur foi est encore plus petit et instable. C’est pour cela qu’il est si important d’atteindre ceux qui sont en train de perdre leur identité catholique, à travers les médias. La communauté catholique en Russie est très pauvre, donc le moyen le plus efficace est d’utiliser les nouveaux médias comme les réseaux sociaux, les blogs et les sites web. C’est la meilleure manière d’être entendus par les jeunes et également par les jeunes familles. Nous devrions aussi coopérer avec les médias séculaires. Toutes les ressources des médias nous aiderons à inviter les gens à revenir à l’Église, à les inviter à mener une vie plus profondément et personnellement chrétienne. [00289-03.06] [UD023] [Texte original: anglais]
- Pr. Guzmán CARRIQUIRY, Secrétaire de la Commission pontificale pour l'Amérique latine (URUGUAY) J’aimerais attirer votre attention sur un événement important de l’Année de la Foi, un événement qui fait partie de la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi aux nouvelles générations. Je me réfère à la Journée Mondiale de la Jeunesse, présidée, si Dieu le veut, par le Saint-Père, et qui aura lieu à Rio de Janeiro l’année prochaine en juillet.
Ce rendez-vous très important invite providentiellement à une grande mobilisation éducative et missionnaire des jeunes latino-américains. Nos jeunes attendent beaucoup de l’Église, qu’ils en soient plus ou moins proches ou éloignés: Qui pourra donner aux jeunes des raisons de vie ou d’espoir sinon l’Église? Qui pourra satisfaire leurs désirs de vérité et d’amour, de justice et de bonheur si non le témoignage rationnel, attrayant et fascinant du Christ?
Le chemin de la préparation à cet événement doit prouver la capacité des communautés chrétiennes et des mouvements ecclésiaux de parler au coeur et à l’intelligence d’un grand nombre de jeunes, au-delà même des frontières ecclésiastiques. Il faut raviver la foi des élèves de nos instituts scolaires catholiques.
Nous ne pouvons ignorer les graves carences de l’évangélisation du vaste monde universitaire. C’est là une bonne occasion de promouvoir des initiatives d’évangélisation pour le 20% des jeunes latino-américains qui n’étudient pas et ne travaillent pas non plus, et qui se sentent exclus, déconcertés, souvent séduits par le réseau du trafic de drogue et par la violence. Il faut intéresser les parents et les grands-parents dans le chemin des jeunes vers Rio. Il faut enfin affronter dès maintenant le défi de l’éducation de tous les jeunes pèlerins pour conjuguer leur enthousiasme avec une re-découverte et une adhésion décidée aux contenus de la foi chrétienne. [00291-03.05] [UD025] [Texte original: espagnol]

par le Bureau de presse du Saint-Siège Source  

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