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Tuesday, December 4, 2012

Turquie, La laïcité fout le camp...

Erdogan accroît la présence des symboles islamiques
 

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan
(3è en partant de la gauche) prie sur la ''square des Martyrs''
de Tripoli, en Libye, le 16 sept.2011
Construction de mosquées, port du foulard islamique à l'école, cours de religion dans l'enseignement militaire... le gouvernement islamo-conservateur turc redouble d'efforts ces dernières semaines pour accroître la visibilité de l'islam dans l'espace public.

Grand amateur de polémiques, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a mis les pieds dans le plat en confirmant mardi qu'une mosquée serait édifiée sur la place Taksim, une des principales esplanades d'Istanbul et l'enjeu de luttes anciennes entre islamistes et défenseurs de la laïcité.
 
Une mosquée sur un lieu symbolique
"Oui, cette mosquée sera construite", a-t-il déclaré à des journalistes dans son avion au cours d'une visite en Espagne.
Un pied de nez aux défenseurs de la laïcité, à commencer par l'armée qui avait contraint le premier gouvernement islamiste de Turquie, celui du Premier ministre Necmettin Erbakan, ancien mentor de M. Erdogan, à la démission en 1997 après que celui-ci eut annoncé son projet de bâtir une mosquée à Taksim.
Mais l'armée, autrefois gardienne sourcilleuse de la laïcité et responsables de quatre coups d'Etat en un demi-siècle, a vu ses pouvoirs rognés par diverses réformes et ses éléments les plus hostiles au gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) emprisonnés pour des projets de complots.
M. Erdogan s'est également réjoui de l'édification prochaine d'une gigantesque mosquée, d'une capacité de 30 000 places et dont le plan sera probablement inspiré de la Mosquée bleue de l'architecte ottoman Sinan, sur la plus haute colline d'Istanbul, Camlica, d'où elle surplombera le détroit du Bosphore. "Nous pensons procéder à l'appel d'offres d'ici la fin de l'année", a-t-il indiqué.
 
Introduction du foulard dans les écoles
Le gouvernement a également progressé sur un autre terrain d'affrontement traditionnel entre religieux et laïques: l'enseignement, avec l'introduction limitée du foulard islamique dans les écoles.
Mardi, le journal officiel a publié une nouvelle réglementation décidée en conseil des ministres mettant fin au port de l'uniforme dans l'enseignement primaire et secondaire.
Incidemment, la réforme prévoit que les jeunes filles pourront si elles le souhaitent porter le voile en cours de religion, une première, qui fait suite à l'annonce la semaine précédente de l'introduction de tels cours de religion optionnels dans les écoles militaires.
 
"Arrière-pensée politique"
La nouvelle réglementation fait grincer des dents dans le camp laïque. "Quand l'AKP fait quelque chose, il y a toujours une arrière-pensée politique (...) Le fait de permettre le port du voile à une écolière va conduire un peu plus tard à lui imposer ce voile par des pressions sociales", a déclaré à l'AFP Oguz Kaan Salici, responsable pour Istanbul du Parti républicain du peuple (CHP), la principale formation d'opposition.
Pour autant, ce responsable politique rechigne à invoquer le spectre d'un islamisme triomphant, et dénonce plutôt une instrumentalisation de la religion par l'AKP à des fins électoralistes, alors que la Turquie se prépare à des élections municipales et présidentielle en 2014, puis législatives en 2015.
"Il n'ont pas d'autre objectif que de polariser d'avantage la population (entre défenseurs de la liberté religieuse et laïcs) pour consolider leur base électorale", estime-t-il.
Les observateurs s'accordent à penser en effet que les prises de positions de l'armée contre l'AKP sur la question de la laïcité ont contribué au large succès de ce dernier lors des législatives de 2007.
 
Pragmatisme plutôt que dogmatisme
Jean-François Pérouse, directeur de l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA) d'Istanbul est lui aussi convaincu que les dernières annonces de l'AKP, auxquelles s'ajoute l'ouverture récente d'un débat sur la levée de l'interdiction des confréries religieuses, relèvent d'avantage du pragmatisme que d'un dogmatisme religieux.
Outre les enjeux électoraux, "il y a dans cette accélération des références identitaires et religieuses une nécessité de masquer l'exclusion économique par l'inclusion symbolique, par l'activation du lien religieux", affirme le chercheur. par Mahmud Turkia Source

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