BiENVENUE SUR MON FACEBOOK :

Monday, December 3, 2012

Mali, Au pays des islamistes et djihadistes

Au Pays Dogon, le temps de la survie
 
Le Pays Dogon subit une triple crise économique, alimentaire et sécuritaire. Le syncrétisme religieux qui y est pratiqué est dans le collimateur des djihadistes. Reportage.
 

Une femme du Pays Dogon dans le village de Benimato
dans l'ouest du Mali. REUTERS/Florin Lorganda

«Salut les chômeurs!» Soumaïla Guindo taquine les guides du village d’Endé qu’il croise dans les ruelles sableuses où s’enfonce sa béquille.
Dressée derrière son bonnet traditionnel à pompons qui ferait fureur sur les pistes de ski européennes, la monumentale falaise du Pays Dogon cache le soleil de fin d’après-midi.
Le maire de la commune rurale de Kani-Bonzon s’amuse d’un drame: l’absence de touristes. Au Mali, le malheur passe mieux avec le sourire. Ce dernier s’est abattu sur le pays en février 2012, lorsque les indépendantistes touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont ouvert le feu au nom d’un Nord-Mali indépendant à la légitimité démocratique et historique contestée par ceux-là même qu’ils disent représenter.
C’est ensuite une porte qu’ils ont ouverte. A des djihadistes aussi violents que crapuleux. Le MNLA n’a d’abord pas voulu, puis pas pu la refermer. Depuis le nord du Mali est la nouvelle terre promise des djihadistes d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs. Interdit de fumer, de s’habiller dans la tradition locale. Mais autorisation de kidnapper, de couper des membres, d’enrôler des préadolescents et d’abuser des femmes.
 
Absence des touristes
Si le Pays Dogon ne subit pas la loi des groupes armés, comme à Gao et Tombouctou, l’économie y est dévastée. Alors que les bateaux continuent de partir de Mopti à destination du nord avec plusieurs tonnes de céréales ou d’arachide à leur bord, les touristes, eux, ne sont pas prêts de revenir sur la falaise. Disparus, comme les Tellem qui la peuplaient il y a plusieurs centaines d’années, avant l’arrivée des Dogons.
«Nous sommes en train de chercher des solutions à la crise, notamment le développement du maraîchage», explique Soumaïla Guindo, assis devant sa maison en banco, contre laquelle sont posées trois bottes de pailles de mil doré.
Sa commune regroupe 17 villages et plus de 14.000 habitants. Ils dépendent «à plus de 80% des revenus du tourisme». Cette semaine, un couple de Tchèques dont le rêve était peut-être d’avoir le Pays Dogon pour lui seul a bien visité les environs.
Avec un guide sans doute plus préoccupé par ses fins de mois que par la sécurité de ses clients. Mais l’enlèvement d’un globe-trotter français, le 20 novembre, dans la région de Kayes, va sans doute refroidir les derniers touristes têtes brûlées.
Devant les cours en terre battue d’Endé, on ne prend plus la peine d’exposer l’artisanat local. Les sculptures en bois sont négligemment éparpillées au sol. Des restes de teinture à l’indigo stagnent au fond de canaris. Des pans de campements touristiques se sont écroulés faute d’entretien. Les plus jeunes enfants, qui n’ont pas connu les cohortes de touristes, sont effrayés par les blancs comme dans n’importe quel village perdu du Mali. Eux seuls animent un peu les journées. Source

No comments:

Post a Comment

Ce "post" vous a plu ? Laissez donc un commentaire !